Une nouvelle réserve naturelle pour sauver ce qu’il reste de forêt primaire

Seuls 5% de la surface de Mayotte est encore préservé de l'activité humaine. Ces forêts dites primaires, réserves de biodiversité mais aussi d'eau, doivent donc être protégées. Ce sera bientôt fait avec la création de la réserve naturelle des forêts de Mayotte début 2020.

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Les 6 zones protégées sont en vert foncé

Ce sera la deuxième réserve naturelle nationale (RNN) de Mayotte après celle de l’îlot M’Bouzi. La Réserve des forêts de Mayotte est dans la dernière ligne droite de sa création, initiée en 2013. La crise de l’eau en 2016-2017 a pressé l’action politique, montrant plus que jamais la nécessité de protéger ce couvert végétal qui retient les pluies et la terre. Quelques mois après cette crise, les ministères de l’Environnement et des Outre-mer confirmaient la création prochaine de la réserve naturelle nationale des crêtes, et le Conseil Départemental s’engageait à faire sa part.

Raïssa Andhum porte la volonté politique affichée du Département

“Nous voulons protéger cette richesse naturelle et unique au monde, nous avons ce devoir” expliquait ce jeudi Raïssa Andhum devant un parterre d’élèves du lycée agricole de Coconi. “Cette réserve nous permettra de sauver les forêts qui sont encore préservées. C’est très important pour Mayotte également de passer ce message : il faut mieux connaître notre culture et nos ressources pour mieux les protéger”.

Pour Joël Duranton, directeur de la Deal, il y a aujourd’hui un niveau critique de “menace liée au défrichement illégal qui risque de faire disparaître ce milieu”. Il alerte également sur la capacité de stockage d’eau que représentent ces massifs.

Au cours de la phase scientifique initiée en 2013, l’Etat et le Département ont déterminé que seuls 5% de la surface de Mayotte étaient encore couverts de forêts primaires, c’est à dire pas ou peu impactées par l’Homme. L’étude a défini pour la RNN une surface plus vaste, représentant 8% du territoire, en y ajoutant des forêts secondaires que l’on peut encore remettre en état.

En tout, la réserve représentera 2800 hectares de forêts protégée, divisés en 6 massifs du nord au sud (voir illustration).

Ces sites feront l’objet de règles drastiques de protection. Véhicules à moteurs, feux de camp, camping ou encore pâturage y seront totalement prohibés, de même que toute activité minière ou agricole, à l’exception de quelques plantations durables bénéficiant d’une convention spéciale.
La cueillette de semences, fruits et champignons à usage non commercial sera permise, mais limitée. Les randonneurs seront confinés sur les sentiers dont ils ne pourront s’écarter. Les survols de drones ou d’ULM seront limités à 300m au dessus des forêts pour ne pas déranger la faune sauvage.

Des interdictions nouvelles

En plus des moyens actuels du Département et de l’Office national des Forêts, une douzaine de personnels seront recrutés pour veiller au grain et verbaliser au besoin. Le budget de cette réserve s’établit d’ores et déjà à 450 000€ par an.

L’enjeu est aussi de valoriser le territoire afin d’en redorer l’image auprès des touristes.
Les prochains jours sont consacrés aux consultations publiques, dans toutes les communes concernées par la réserve. Une page Facebook a été créée pour communiquer sur cette création.

Les lycéens de Coconi s’inquiètent du sort des agriculteurs et éleveurs proches de ces zones

Les observations remontées lors de la consultation sont susceptibles d’être intégrées au décret de création de la Réserve début 2020. L’objectif est que celle-ci soit présentée au printemps prochain lors du Congrès national de la nature à Marseille.

Les prochaines dates de réunion dans les villages sont les suivantes :

CHICONI : le Vendredi 4/10 à Sohoa au restaurant Chez Madar
Horaires : 16h – 18h

 ACOUA : le Lundi 7/10 au Lycée du Nord
Horaires : 9h15 – 11h15

 BANDRABOUA : le Lundi 7/10 à la Mairie de Bandraboua – salle municipale
Horaires : 13h30 – 15h30

 MTSAMBORO : le Lundi 7/10 au foyer des jeunes de Mtsamboro
Horaires : 18h30 – 20h30

 TSINGONI : le Mardi 8/10 à la MJC de Tsingoni
Horaires : 18h30 – 20h30

 BANDRELE : le Mercredi 9/10 au Lycée de Bandrélé.
Horaires : 9h – 12h

 KOUNGOU : le Mercredi 9/10 à Koungou à la salle municipale (mariage)
Horaires : 18h30 – 20h30

 MAMOUDZOU : le Mercredi 9/10 au Lycée Mamoudzou Nord
Horaires : 13h30 – 15h30

 DEMBENI : le Jeudi 10/10 au Lycée de Dembeni
Horaires : 13h – 15h

 SADA : le Jeudi 10/10 au Lycée de Sada
Horaires : 9h – 11h

 CHIRONGUI : le Vendredi 11/10 au lycée de Chirongui.
Horaires : 10h – 12h

 KANI-KELI : le Vendredi 11/10 à la bibliothèque municipale de Choungui.
Horaires : 14h – 16h

Y.D.

8 Commentaires

  1. Encore des personnes protégées placées là pour honorer des dettes ou des passe-droits… Ça ne marchera pas plus que le reste, malheureusement…😥😥😤😤
    Et comment verbaliser des personnes qui n’ont pas d’argent ni de légitimité, qui pourront se déplacer et causer de nouveaux dégâts ???

  2. Ça me fait penser au parc marin. Beaucoup de bruit et de tapage pour rien. Les bateaux étrangers pillent notre ressource dans notre ZEE et les Anjouanais ravagent nos côtés avec de la surpêche et destruction des coreaux. Bref notre biodiversité brûle et on regarde ailleurs.

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