La France prête à mobiliser 150 millions en faveur du développement des Comores

La France se dit prête à investir 150 millions d’euros aux Comores sur trois ans après la rencontre entre les présidents Emmanuel Macron et Azali Assoumani. La signature d’un document-cadre entre les deux parties vise à apaiser les tensions diplomatiques qui ont secoué les deux nations.

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Les présidents Azali et Macron ont répondu aux questions des journalistes à l'issu de la signature d'un document cadre sur un partenariat renouvelé entre la France et les Comores

A Paris, la rencontre entre les présidents français, Emmanuel Macron, et comorien, Azali Assoumani, a donné lieu à la signature d’un document-cadre. La France s’engage à verser 150 millions d’euros aux Comores entre 2019 et 2021. Une part importante de cette somme sera dédiée à l’île d’Anjouan.

La ville de Mutsamudu à Anjouan

Parmi les objectifs affichés dans la convention, les deux parties ont fixé comme priorités :

  • D’œuvrer « en faveur d’une gestion rationnelle de la circulation des personnes » et convenir à « un cadre propice à une circulation légale des personnes en toute sécurité. »
  • De relancer « la coopération bilatérale entre la France et l’Union des Comores avec un projet ambitieux de développement axé sur la formation et l’insertion professionnelle des jeunes, l’éducation, l’emploi, l’agriculture et la santé. »
  • De signer « un accord intergouvernemental permettant une refonte de la coopération sanitaire sur la base des travaux menés par la mission de Madame Voynet et de Monsieur Renouf, mandatée par le Premier ministre français. » Le JDM avait consacré un article sur le compte-rendu de la mission parlementaire sur la situation aux Comores.

Les Comores s’engagent à lutter contre l’immigration illégale

Dans cette convention l’Union des Comores s’engage à « contrôler les mouvements en direction de Mayotte » mais aussi à « contrôler les ateliers de fabrication de kwassas et à démanteler ceux dont l’activité concourt à l’immigration illégale. » Le document évoque aussi la création d’une structure comorienne de lutte contre les trafiquants d’êtres humains en se coordonnant avec les autorités françaises.

Image rare, le président Azali au quai d’Orsay, entouré d’élus mahorais

Si les termes de l’accord sont respectés, la France s’engage à dégager des fonds dans un accord séparé. Elle propose son aide dans la formation des forces de sécurité comoriennes et la mise en place d’un radar visant à faciliter les interceptions de bateaux au large d’Anjouan. Un point de la convention est spécialement dédié à la question des mineurs non accompagnés.

Un accord salué par les parlementaires mahorais

C’est la première fois qu’un accord qui satisfait tous les parlementaires mahorais et le président du département est rendu officiel par l’Élysée. Dans un communiqué les élus mahorais à l’Assemblée nationale et au Sénat se sont réjouis de la signature du document. « Nous, élus de Mayotte, saluons la « révolution copernicienne » qui a été opérée depuis le projet initial, en septembre 2017, de feuille de route entre les Comores et Mayotte. »

En 2017 la feuille de route franco-comorienne avait suscité une vive mobilisation au sein de la population mahoraise comme nous le rapportions alors dans le JDM.

Ils notent une « évolution de la revendication comorienne sur Mayotte » et évoquent « un palier franchi » sur ce sujet avec la participation des élus nationaux et locaux mahorais à la mise en œuvre et au suivi de l’accord. Pendant la conférence de presse, Azali Assoumani a d’ailleurs reconnu, pour la première fois de l’histoire, le choix des Mahorais de rester français. Il a tout de même rappelé le différend qui oppose les deux pays, et l’appui du droit international à la position comorienne.

Le document cadre “Vers un partenariat renouvelé entre la République française et l’Union des Comores”

La tribune des élus mahorais sur l’accord cadre du 22 juillet 2019

Y.M

20 Commentaires

  1. Il vaut mieux donner ces 150 millions d’euros aux mahorais qui en ont grandement besoin, pour faire les routes qui sont en très mauvais état, que de la boue partout. L’aide de l’Arabie Saoudite et d’autres pays bienveillants suffisent largement à nous comoriens.

  2. Rachi Cwee ! D’ailleurs on en a pas besoin de cet argent, mieux vaut le remettre aux mahorais ( natifs de Mayotte ), ils en ont grandement besoin pour réparer les routes boueuses de Mayotte. Les aides d’autres pays bienveillants comme l’Arabie Saoudite, la Chine ou autres, nous suffisamment largement.

  3. 150 millions je le vois d’un autre oeil… Macron à versé un loyer à Azali pour pouvoir faire de la prospection pétrolière puis de l’extraction pure et simple. Ne vous faites pas avoir par des arguments fallacieux, la vérité est ailleurs, n’oublions pas que la France est la seconde puissance diplomatique au monde.

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