Une quarantaine d’agents de sécurité formés grâce à « Mamoudzou Terre d’emploi »

Éloignés de l’emploi ou diplômés mais cherchant leur voie, 41 habitants des quartiers de Kawéni et Cavani, ont désormais un métier dans les mains. "Terre d'emploi" est un dispositif national qui va être décliné sur d’autre quartiers et de nouveaux secteurs.

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Ce sont 41 agents de sécurité employables immédiatement

« Terre d’emploi » est un dispositif national, « co-porté » par OPCALIA, collecteur des cotisations annuelles des entreprises pour la formation professionnelle, et France Formation professionnelle, représentée à Mayotte par l’OIDF (Organisation Ingénierie Développement Formation).

Destiné à réorienter vers l’emploi des jeunes en difficulté, il touche les habitants des Quartiers Prioritaires Politique de la Ville. C’est à dire les deux tiers de la population à Mayotte, selon l’INSEE. Une première action a été mise en place, et « Mamoudzou Terre d’emploi », tirait son premier bilan en permettant déjà à 41 jeunes et moins jeunes, d’être orientés directement en emploi.

« La plupart des jeunes de ces quartiers prioritaires n’ont ni qualification, ni de diplôme, qui leur vaut d’être classés sous le label NEET, ‘ni étudiant, ni employé, ni stagiaire’ », rapporte Kadafi Attoumani, directeur de OPCALIA Mayotte. Il a décidé de s’attaquer à un secteur en tension, la sécurité, avec une double détente : « D’abord, il fallait sécuriser l’emploi des salariés existants dont la carte professionnelle arrivait à échéance », pour cela, 492 d’entre eux ont été accompagnés. Mais tous ne souhaitaient pas rempiler, une question de niveau, « ou de casier judiciaire », ce qui impliquait de nouveaux recrutements.

« Poursuivre jusqu’en SSIAP 3 »

De gauche à droite, Issa Abdou, Salimi Ben Tsigoy, kadafi Attoumani et Cédric Lelaidier

Sur 45 jeunes motivés au départ pour suivre la partie certifiante de 400h de préparation opérationnelle à l’emploi, 41 sont toujours là, « il y a eu peu d’évaporation », fera remarquer Salimini Ben Tsigoy, vice-président d’OPCALIA. Ils se sont vus décerner ce jeudi des mains de Mariame Saïd, vice-présidente départementale chargée de la formation professionnelle, un Certificat de Qualification professionnelle (CQP).

Ils ont désormais deux choix : signer un contrat de travail avec une des entreprises de gardiennage partenaire, Top Guard’s, Sensemay, UPS, OSR, MPS, Durandal, Outounda, ou poursuivre leur formation en contrat de professionnalisation dans le centre, de 250 heures, en alternant avec la pratique en entreprise, pour décrocher la qualification SSIAP, Service de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personnes).

Plusieurs sont partants pour cette montée en compétence, généralement les plus jeunes. C’est le cas de Saïda, qui était auparavant en formation vente chez Sephora, « je veux poursuivre la formation en alternance », ou de Djarir au parcours plus étonnant, « j’étais en 2ème année de licence de géographie au CUFR, mais je change de voie pour tenter de poursuivre jusqu’en SSIAP 3, et être chef de sécurité dans une entreprise. » Mouniafiati poursuit la formation également, « j’ai un CAP Aide à domicile, mais c’est compliqué de trouver un débouché à Mayotte où il n’y a pas vraiment de maison de retraite. »

« A un dixième de l’objectif national »

Remise des Certifications par Mariame Saïd

Tous ne sont pas dépourvus de diplôme donc, mais certains disent ne pas avoir le choix, comme Soulaimana ou Germine, qui ont charge de famille, et se contenteront pour l’instant du CQP, « dès demain, je compte signer avec une des entreprises en demande ».

L’une d’entre elle, Top Guard’s, se réjouissait de cette arrivée de main d’œuvre fraîche, « c’est positif d’identifier en amont les métiers en tension, même si 40 personnes, cela reste sous-dimensionné », constatait Eric Frémont.

Les cofinanceurs que sont OPCALIA, « environ 200.000 euros pour les frais pédagogiques », et Pôle emploi, pour la rémunération des stagiaires, ont encore du pain sur la planche, « nous avons une nouvelle programmation en vue, nous explique Cédric Lelaidier, directeur d’OIDF, avec une soixantaine de places cette fois, ciblant les secteurs de la sécurité et du BTP ». N’accompagnant pour l’instant pas financièrement le dispositif, le conseil départemental ne pouvait qu’apporter sa « bénédiction », par la bouche d’Issa Issa Abdou, vice-président chargé du social, qui passait la main à sa collègue Mariame Saïd.

L’objectif national est l’insertion de 500 jeunes d’ici la fin de l’année, « nous en sommes déjà à un dixième », se réjouit Kadafi Attoumani.

« Ce résultat est bien la preuve que lorsqu’on tend la main à ces jeunes issus des Quartiers prioritaires Politique de la Ville, ils la prennent », concluait Tsigoy.

Anne Perzo-Lafond

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