Prison ferme requise après un accident corporel à Pamandzi

Ce sont pour le président Bouvart des "faits brutaux et extrêmement banals". Un homme sans assurance ni contrôle technique a eu un accident le 6 octobre avec une scootériste qui reste gravement atteinte à la jambe. Il risque de la prison ferme.

0
785
Au tribunal de Mamoudzou

Cinq mois de prison ferme, 450€ d’amende au total pour défaut d’assurance et de contrôle technique. La peine requise ce mardi à l’encontre du conducteur d’une Renault Clio de Pamandzi est exceptionnellement sévère pour un accident de la circulation. Les faits datent du 6 octobre dernier et ne sont pas sans rappeler l’accident du Boulevard des Crabes lors duquel une jeune femme avait perdu la jambe.
Cette fois c’est un refus de priorité qui serait en cause. Un homme au volant d’une Clio sortait de chez lui, rejoignant la rue G. Pompidou de Pamandzi depuis une ruelle. Sur cet axe, une jeune femme circulait en scooter quand la Clio lui a coupé la route. L’accident est violent. La jeune femme chute et a la jambe cassée. De multiples fractures sont relevées sur son fémur. Elle reçoit d’abord 3 mois d’ITT (interruption totale de travail), puis 10 mois d’ITT après une nouvelle expertise médicale. Le conducteur de la voiture lui, ne s’arrête qu’après l’impact, signe qu’il n’avait pas vu le deux-roues arriver. En audition, il affirmait qu’une voiture mal garée lui masquait la vue. Faux selon la victime pour qui le seul véhicule en stationnement l’était de l’autre côté de la chaussée.

Me Eric Hesler défendait la victime

Sur les conditions de l’accident, nous n’en saurons pas davantage. Le conducteur poursuivi ne s’est en effet pas rendu à l’audience. “Je suis choqué qu’il ne se soit jamais préoccupé de la santé de la victime et qu’il ne soit pas présent pour s’expliquer” lâche Eric Hesler, avocat de la victime. “Il fait n’importe quoi et se moque de la justice” estime-t-il aussi. Il rappelle le préjudice subi par sa cliente. La douleur, le fait de boiter, les séquelles physiques, visibles. En attendant la suite des expertises, il réclame 30 000€ de provision, soit une indemnité temporaire pour faire face aux premiers mois de soins.
Une somme qui ne sera sans doute pas versée par le chauffard présumé, puisque ce dernier est sans emploi. Raison qu’il a invoquée pour justifier de n’avoir pas assuré son véhicule. Ce qui fait dire à la procureure déléguée qu’il a fait preuve de “négligence à l’égard de la collectivité” même si “l’accident était involontaire”. L’absence d’assurance, l’absence de contrôle technique et surtout son absence à la barre lui valent des réquisitions lourdes pour un accident de la route. La décision sera rendue mardi 29 janvier.
Y.D.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here