26.9 C
Dzaoudzi
vendredi 19 août 2022
AccueilEducationLe shimaoré et le kiboushi à l’école : la réponse du ministre...

Le shimaoré et le kiboushi à l’école : la réponse du ministre Blanquer à Mansour Kamardine

Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a répondu le 7 août dernier à une question posée le 13 février par le député Mansour Kamardine sur la l’enseignement des langues maternelles à Mayotte.

Pour l’outre-mer, cinq langues ou familles de langues sont concernées, explique le ministre au député Kamardine : le créole, le tahitien, les langues mélanésiennes (drehu, negone, païci, aïje), le wallisien et le futunien. Comme il le rappelle, la principale difficulté qui se pose à Mayotte est la transcription écrite, stabilisée et normée du shimaoré et du kibouchi, les acteurs doivent se mettre d’accord sur une orthographe unique, l’association Shimé avait d’ailleurs été contactée à cet effet.

D’autres conditions se rajoutent : « La disponibilité de ressources scientifiques, didactiques et pédagogiques et de professeurs formés, l’existence d’un corpus littéraire écrit suffisant et varié. Au regard de ces critères, ajouter le shimaoré et le kibushi à la liste des langues faisant l’objet d’un enseignement de langue et culture régionales paraît pour l’heure prématuré ».

On apprend d’autre part que le cadre légal ne permet pas une telle mesure, « l’article L. 372-1 du code de l’éducation précise en effet que l’article L.312-10 du même code portant sur les langues régionales n’est pas applicable à Mayotte. » Du travail pour les parlementaires donc. En attendant, un autre article est encourageant puisqu’il précise que « dans les académies d’outre-mer, des « approches pédagogiques spécifiques » sont prévues dans l’enseignement de l’expression orale ou écrite et de la lecture. Les membres des équipes éducatives sont encouragés à s’appuyer sur la langue maternelle des élèves et sur les compétences linguistiques acquises par les jeunes enfants dans la maîtrise de cette langue pour favoriser leur apprentissage du français. »

Introduction progressive du français en maternelle

Une question posée le 13 février par député Mansour Kamardine

Le ministre Blanquer détaille d’ailleurs les deux dispositifs mis en place à Mayotte pour pallier l’absence d’apprentissage des langues maternelles, et pour que celles-ci fassent « le lien ».

« Plurilinguisme » expérimenté à l’école maternelle depuis 2015 permet la structuration de la langue maternelle des enfants, que ce soit le shimaoré ou le kibushi, et l’introduction progressive de la langue française. Lors des premiers mois de la classe de petite section, le professeur et l’agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) parlent la ou les langues locales et les élèves sont libres de choisir la langue dans laquelle ils s’expriment. À partir de janvier, un enseignant s’exprimant en langue locale enseigne durant la première partie de la journée, puis un enseignant francophone co-intervient avec lui avant de prendre en charge seul la fin de la journée ; l’ATSEM parle en langue (s) locale (s) et peut traduire les propos de l’enfant à l’enseignant francophone. En moyenne section, l’organisation de la seconde partie de l’année de petite section est reprise ; peu à peu, les enfants sont mis en situation de se faire comprendre de l’enseignant sans l’aide de la traduction. Enfin, en grande section, l’organisation est inversée (enseignant francophone en début de journée, co intervention des deux enseignants puis enseignant en langue locale en fin de journée). En outre, afin de donner des repères partagés et de faciliter l’intégration de l’école dans le quotidien, les parents sont encouragés à visiter la classe et à y intervenir.

L’autre dispositif appelé « Éveil aux langues », permet de mettre les élèves de maternelle en contact avec des corpus oraux et écrits dans différentes langues, dont le shimaoré et le kibushi. Le vice-rectorat encourage en parallèle le développement de divers outils pédagogiques : un imagier plurilingue multimédia, construit par des enseignants, est ainsi mis à la disposition des écoles. Enfin, l’accent est mis sur la formation des personnels enseignants pour aider les enseignants locuteurs natifs à utiliser les deux langues vernaculaires.

« Ce recours au shimaoré et au kibushi est alors un moyen, et non une fin, il doit aider les élèves à dépasser d’éventuelles inhibitions et à rester engagés dans les apprentissages », conclut Jean-Michel Blanquer. (Lire Langues régionales QST-AN-15-5415QE)

A.P-L.
Lejournaldemayotte.com

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

2 Commentaires

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

Le garde des Sceaux annonce un Centre éducatif fermé pour Mayotte

139521
En mars 2022, lors de la visite d’Éric Dupont-Moretti à Mayotte, les acteurs locaux formulaient la demande d’un centre éducatif fermé sur l’île au lagon. Une doléance qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, puisque le ministre a annoncé porter le projet lors de la préparation du budget.
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

Le garde des Sceaux annonce un Centre éducatif fermé pour Mayotte

139521
En mars 2022, lors de la visite d’Éric Dupont-Moretti à Mayotte, les acteurs locaux formulaient la demande d’un centre éducatif fermé sur l’île au lagon. Une doléance qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, puisque le ministre a annoncé porter le projet lors de la préparation du budget.

Impunité chez les délinquants ? Un mercredi de violences à Kaweni

139521
A quelques jours de la rentrée scolaire et de la visite prochaine du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer ainsi que du ministre délégué aux Outre-mer, la tension est montée d’un cran ce mercredi à Kaweni. Des violences ont éclaté à la suite de contrôles de la Police aux Frontières obligeant les riverains à se calfeutrer chez eux et la circulation à s’arrêter.
Législatives, Mayotte

Accorder le droit de vote aux étrangers, un sujet politique récurrent toujours aussi épineux

139521
Début août, « à titre personnel », le député Renaissance (ex-LREM) Sacha Houlié a déposé une proposition de loi afin « d'accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales » à tous les étrangers. Un sujet difficilement éludable pour le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin à quelques jours de sa venue à Mayotte.

Commission permanente du CD : l’ensemble des rapports étudiés adoptés

139521
Vendredi dernier, la salle de cinéma Alpa-Joe a accueilli la Commission permanente du Conseil départemental. Pas moins de 36 rapports ordinaires et 13 rapports complémentaires étaient à l’ordre du jour. Tous ont été adoptés qu’il s’agisse de la réduction du taux de taxation sur les produits pétroliers ou encore le maintien du dispositif temporaire d’emplois exceptionnels pour l’accompagnement des transports scolaires.

Vidéo de simulation du projet de piste longue : le virtuel en attendant le...

139521
L’intégration paysagère de la piste longue de l’aéroport de Mayotte a récemment fait l’objet d’une vidéo de simulation dans laquelle le spectateur peut découvrir l’infrastructure finale vue depuis plusieurs sites du lagon et de Petite-Terre. L’occasion de revenir sur l’avancement du projet avec Christophe Masson, délégué à la piste longue de l’aéroport de Mayotte, dans la perspective des visites ministérielles prévues ce mois-ci.
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com