Madagascar : l'armée et la police plaident pour une sortie de crise

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Déclaration du ministre malgache de la défense nationale

Le ministre malgache de la défense Béni Xavier Rasolofonirina a pris la parole ce jeudi au lendemain d’une nouvelle journée de mobilisation à Tananarive. L’opposition est composée des deux partis favorables aux anciens présidents malgaches Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Après une manifestation qui avait fait au moins deux morts il y a deux semaines, les manifestants réclament désormais la démission du président Hery Rajaonarimampianina. Le mouvement était parti d’une contestation de nouvelles lois électorales proposées à quelques mois de la présidentielle prévue en fin d’année.

La déclaration prononcée par le ministre de la défense est aussi signée par les chefs de l’armée, de la police et de la gendarmerie informe RFI.

Déclaration du ministre malgache de la défense nationale (crédit : ministère de la défense malgache)

« Nous, responsables des forces de l’ordre, interpellons haut et fort les chefs de partis politiques concernés par les tensions actuelles pour qu’ils prennent leur pleine responsabilité pour trouver une solution, et ce dans les plus brefs délais. Nous lançons un appel à tous les citoyens malgaches à ne plus se laisser manipuler par les politiciens. Ça suffit le sang versé et les pertes en vie humaine. Ne faites pas de l’égoïsme, de la cupidité, de l’amour du pouvoir des raisons pour sacrifier nos compatriotes. Nous serons tous jugés pour nos actes par l’histoire et les générations futures. Nous, forces de l’ordre, déclarons vouloir coûte que coûte la sécurité du peuple. Cela est la priorité du pays. »

Le président a de son côté clairement exclu de démissionner, malgré une requête en destitution déposée par des députés d’opposition. Au micro de RFI, il a déclaré le 25 avril “je suis président par la volonté du peuple malgache. Il y a des millions de personnes qui ont voté pour moi et ce serait vraiment trahir cette volonté du peuple malgache que de démissionner”. Il dénonce “un coup d’état”.
Ce n’est pas la première fois que l’approche d’une échéance électorale soit synonyme de fortes tensions dans le pays, notamment en 2002 et 2008. Le souvenir encore vivace de ces troubles et la crainte de voir le pays sombrer dans la violence semblent avoir motivé cette intervention des responsables des forces de sécurité.
Y.D.