Le déjeuner-contact entre élus mahorais et comoriens de nouveau annulé

C'est le menu diplomatique qui ne passait pas et non celui qui s’affichait sur la carte d'hôte du quai d'Orsay : pour la deuxième fois en deux jours, le déjeuner entre les élus mahorais et les ministres des Affaires Étrangères Français et d'Union des Comores, a été annulé.

0
3231
Le sénateur Thani Mohamed Soilihi

A l’issue de la rencontre à Matignon jeudi, les quatre parlementaires de Mayotte et le président du conseil départemental avaient été informés de l’annulation d’une réunion qui devait se tenir à 13h autour d’un repas : faute d’accord entre les deux ministres des Affaires étrangères, Le Drian et Souef Mohamed El-Amine.

Le couvert avait été une nouvelle fois dressé au quai d’Orsay ce vendredi. Auparavant, les quatre parlementaires mahorais se sont retrouvés au ministère des Outre-mer, pour préparer cette rencontre, avec le directeur de cabinet Thomas Degos, et un conseiller du ministère des Affaires étrangères. “Nous nous sommes mis d’accord sur une ligne de conduite, celle de ne rien négocier tant que le préalable des admissions des reconduites aux Comores ne serait pas satisfait”, nous rapporte le sénateur Thani Mohamed Soilihi. Une condition qui n’a pas trouvée preneur.

En conséquence, impossible d’examiner la feuille de route sans les Mahorais, ce qui était pourtant au programme de la rencontre conjointe avec Jean-Yves le Drian.

Le ministre des Affaires Étrangères comorien aurait demandé un assouplissement des visas, et la mise en place d’une aide au retour volontaire. C’est une mesure qui existe déjà en France. Elle peut-être accordée aux étrangers en situation irrégulière, présents depuis au moins 6 mois sur le territoire, et qui souhaitent  regagner leur pays. Il s’agit d’une aide matérielle et financière au moment du départ pour faciliter la réinsertion dans le pays d’origine. Son montant est variable en fonction de ce pays.

A l’issue de la rencontre de jeudi, la diplomatie française expliquait vouloir “obtenir des réponses claires aux problèmes immédiats liés aux décisions récentes de l’Union des Comores concernant ses ressortissants en situation irrégulière à Mayotte, améliorer ensemble la maîtrise de la circulation des personnes et poser les jalons d’une coopération renouvelée dans l’intérêt de nos deux pays.”

Pour l’instant, aucune “réponse claire” n’est apportée, et les reconduites se font de manière très épisodique.

A.P-L.

lejournaldemayotte.com