Attentat dans une église: les Cadis de Mayotte condamnent et appellent à une grande marche le 10 août

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Partenariat entre le COSEM et Nourdine Bacar, Grand Cadi de Mayotte
Nourdine Bacar, le Grand cadi de Mayotte

Les cadis de Mayotte se sont réunis hier pour acter l’organisation d’une grande marche. Ils souhaitaient dénoncer les derniers attentats commis à Nice et en Allemagne mais l’actualité les a rattrapés. Ce n’est qu’en sortant de leur réunion qu’ils ont appris le drame qui venait de se dérouler à côté de Rouen, à Saint-Etienne-du-Rouvray, où un prêtre a été assassiné dans une église.

Deux assaillants ont attaqué l’église et ont pris six personnes en otage, dont le prêtre Jacques Hamel qui sera égorgé. Les deux individus ont été abattus par la police. Sur leurs dépouilles, les enquêteurs ont retrouvé, pour l’un, un faux engin explosif et trois couteaux. Sur l’autre, un minuteur de cuisine et un sac à dos avec un engin explosif factice.

L’acte a été qualifié d’«innommable» et «d’une infinie lâcheté» par le procureur de la République de Paris chargé de l’enquête, François Molins. Et ce sont les mêmes mots qui sont prononcés ce mercredi par les cadis de Mayotte.

Les cadis concernés et préoccupés

«Nous ne parvenons pas à trouver de mots pour qualifier ce qui s’est passé», explique Ridjali Inssa, la cadi de Mtsapéré, adjoint du Grand cadi de Mayotte. «Nous présentons nos plus sincères condoléances. C’est un prêtre qui a été égorgé dans un acte d’une absolue barbarie, mais nous considérons que cela aurait pu être un imam ou un cadi. Celui qui commet un tel acte n’a pas d’humanité, il ne peut pas avoir la foi», dénonce Ridjali Inssa.

«Aucune religion n’accepte que l’on fasse du mal aux autres. Et un vrai musulman ne peut faire du mal à n’importe qui. S’il a la foi, il n’a pas le droit de détruire, d’égorger ou de poser des bombes. Il n’a pas le droit de tuer. Un musulman est quelqu’un d’instruit et de respectueux», rappelle-t-il.

Les cadis et autorités religieuses,  en première ligne face aux délinquances et radicalisations
Les cadis et autorités religieuses de Mayotte, rassemblés dans l’hémicycle Bamana à l’occasion de l’Aïd el-Fitr

Plus que jamais, les autorités religieuses de Mayotte se sentent concernées par les attentats commis au nom de l’islam, l’attaque de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray ayant été revendiquée par Daech. «Il faut être vigilant, à Mayotte comme partout en France», insiste Ridjali Inssa.

Des lieux de prière sécurisés

A Paris, les autorités religieuses nationales n’ont d’ailleurs rien d’autre au président de la République François Hollande. Les représentants des cultes ont demandé une sécurité renforcée sur les lieux de prière, pour qu’ils fassent l’objet «d’une attention soutenue» de la part des autorités en matière de sécurité, a indiqué le recteur de la grande mosquée de Paris Dalil Boubakeur.

«Nous avons profondément souhaité, les uns et les autres, que nos lieux de culte (juifs, chrétiens, musulmans…) soient l’objet d’une plus grande attention, puisque même le plus humble des lieux de culte est aussi l’objet d’une agression, alors que cette ville de Saint-Etienne-du-Rouvray avait offert le terrain à la mosquée qui aujourd’hui (y) exerce», a-t-il déclaré.

Dalil Boubakeur a fait part de la «sidération» des musulmans devant «un sacrilège blasphématoire» et du «deuil profond» des musulmans. Il a également suggéré une «réforme» des «institutions» de l’islam en France.

A Mayotte, les cadis organisent donc une marche le 10 août prochain à laquelle sont conviés tous les citoyens et l’ensemble des représentants des cultes dans notre département. Les prêtres de Mayotte y sont naturellement associés, des prêtres avec lesquels les cadis ont déjà eu l’occasion d’échanger sur de nombreuses questions de société, pour l’intérêt de la société mahoraise toute entière.

RR
www.lejournaldemayotte.com

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