Poulets, pièces auto, mode ou fastfood… Mayotte récompense ses jeunes entrepreneurs

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La 9e édition du Concours Talents était marquée par l’annonce du départ de Jean-François Demontis, directeur de la BGE. Un concours dominé aussi par l’émotion des lauréats qui ont tous voulu nous expliquer ce qu’ils allaient faire de ces prix.

Monique Grimaldi et Tasmia Abdouroihaman
Monique Grimaldi et Tasmia Abdouroihaman

Le Concours Talents est devenu une référence à Mayotte pour les créateurs d’entreprise. Plusieurs d’entre eux lauréat du concours local ayant développé leur entreprise, avaient également été primés lors de la sélection nationale dans le passé : l’entreprise MAP, Aromaoré…

L’édition 2015 était marquée par un événement : le départ de Jean-François Demontis ce 23 juin de l’organisation qu’il porte depuis sa déclinaison mahoraise en 2007, la Boutique de gestion (BGE). Celle qui lui succède n’est pas encore sur le territoire.

Ils étaient 46 candidats à postuler dans les trois catégories Commerce et Artisanat, Services et Dynamiques rurales, et seuls 14 lauréats régionaux ont été récompensés. Beaucoup de femmes pour cette édition 2015.

14 primés

Andjibou Nourou, deux fois récompensée
Andjibou Nourou, deux fois récompensée

Deux prix « Coup d’aile » ont été remis par Ewa Air : Insa Harouna, pour son entreprise Plomberie Confort d’activité de plomberie, sanitaire et dépannage électrique à Kani Keli (0639 39 75 08) et Ali Ahamed pour Leader distrib, entreprise de vente à distance de fourniture et d’équipement de bureau (0639 19 26 66).

Trois prix coup de cœur : Ambdillah Boura pour Makirahi spécialisé dans la culture et l’élevage de poulets et de canards, vendus vivants, à Bandrélé (0639 06 80 96), Anouoiri Abdou Soilihi, dessinateur, pour ASA’R et Concepteur, à Boueni (0639 05 64 53), et Miftahoudine Bacar pour Tropical Plomberie multiservice à Sada (0639 94 84 90).

Le Prix Coup de pouce est allé à Abdoulatufou Salimé, pour Job Sav, de réparation d’appareils d’équipements maison ou jardin (0639 07 19 82). Le prix du meilleur artisan a été attribué à Madji Faradji, M’Vounizi, coiffeur à domicile à Sada (0639 26 25 68).

Trois femmes entrepreneure ont été récompensées : Echat Amada Mcolo pour la vente de produits et d’accessoires de mode Mawa Cosmetik à Mtsangamouji (0639 65 95 04), Nourou Andjibou, pour l’Auto-école Vahiné conduite à Chirongui (0269 62 02 58) et Salitouna Ahmed, pour VAD Aloe Vera de vente de produit naturel à Chirongui (0639 69 83 02).

Les jurys présidés par Noera Mohamed, Déléguée régionale aux Droits des femmes, Marjorie Garnier (Dieccte) et un représentant de la Couveuse, ont toujours son prix spécial. Pour chacune des catégories, il a été attribué à Sandrine Palma, pour son Commerce Food Truck des Iles à Ouangani (0639 67 68 54), à Laini Attoumani, Isla Creatifs Events, qui propose des articles de fête, de mariage et d’anniversaire à Sada (0639 66 48 91) et dans la catégorie Dynamiques rurales, au duo Youmna Mikidadi et Nafouanti Boura Miradji pour leur initiative « Sada pièces auto » de proposer des pièces automobiles à la vente à Tahiti Plage, (0639 29 34 97).

L’électricité, un luxe

Les prix allaient de 1.000 à 3.000 euros, qu’ils vont soit investir dans l’outil de production, « une caisse enregistreuse », pour Sandrine Palma, « l’achat de sanitaires pour fournir le lycée Bamana » pour Bacar Miftahoudine, « moi, je vais acheter de la nourriture pour mes poules et canards », nous confie Ambdillah Boura, soit payer leurs dettes « je vais finir de payer ce que je dois à la couveuse », indiquait Anouoiri Abdou Soilihi.

Le nom de Youmna Mikidadi ne nous était pas inconnu : son frère avait remporté le concours Talents 2013 pour son garage à Tahiti plage. Un garage toujours privé d’électricité par la lenteur d’action du Conseil général de l’époque, malgré de multiples relances. Un problème qui pourrait être résolu dans les jours à venir, nous assure-t-on. « Nous allons pouvoir agrandir les locaux, et faire venir un container de pneus… sous condition d’avoir de l’électricité pour pouvoir utiliser le compresseur », explique la jeune lauréate.

Enfin, les lauréats régionaux avaient déjà été dévoilés, ils participeront à la finale nationale en septembre. Dans la catégorie commerce et artisanat, il s’agit de Tasmia Abdouroihaman, pour son Mayana food (0639 65 95 04) à Majicavo Lamir (Koungou) qui remporte donc 3.000 euros dotés par la Dieccte : « je vais pouvoir investir dans des tables, des chaises, et surtout, acheter un bain-marie pour proposer des plats en plus des sandwichs. »

L’envie de réussir

Tanchiki maoré et Miftahoudine Bacar, l'ancien primé et le p'tit jeune
Tanchiki maoré et Miftahoudine Bacar, l’ancien primé et le p’tit jeune…

Dans la catégorie Services, c’est Nourou Andjibou, qui remporte le prix de 3.000 euros-Dieccte, et qui cumule puisqu’elle avait déjà été couronnée « Femme entrepreneure » pour son auto-école (0269 62 02 58), ou plutôt ses auto-écoles Vahiné conduite. Elle est très émue, cherche ses mots : « je vais alléger mes dettes sur l’achat des deux véhicules. Nous avons en effet déjà pu créer deux auto-écoles, l’une à Chirongui, l’autre à Dembéni. »

Enfin, en Dynamiques rurales, c’est Moussa Hassi, qui remporte le même montant offert par la Dieccte, 3.000 euros pour son activité NEMA SARL (0639 04 23 04) de Transformation et de commercialisation de fruits et de légumes à Ouangani: « de fruits uniquement pour l’instant, rectifie-t-il, que nous voulons maitriser en confiture, jus et coulis, avant de nous diversifier. Un prix qui tombe à pic car je dois financer une machine à tamis pour extraire la pulpe de fruits. Nous voulons monter un mini-atelier de fabrication pour gagner du temps dans la transformation. »

Pour Monique Grimaldi, directrice de la Dieccte (Direction du travail et de l’emploi), qui intervient au travers de trois mesures, Projet Initiative Jeunes, et les deux aides aux jeunes créateurs ACRE et NACRE, le concours Talents « a un effet bénéfique sur l’ensemble des jeunes qui entrevoient une possibilité d’avenir ».

C’est Tanchiki Maoré qui aura le mot de la fin. Il a créé la société MAP de vidange de cuves en 2009 avec un camion qui effraie le directeur de la BG « ça démarre ça ?! ». Après avoir été lauréat régional, puis meilleur Talent national en 2013, il est à la tête d’une société de 26 salariés, aux repérables camions roses. « La préfecture, la Dieccte, la BRED m’ont épaulé, aussi parce que je leur ai montré que j’avais envie d’avancer ».

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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