Le regard des Français de l’Hexagone ne se pose pas sur Mayotte

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L'océan, notre régulateur thermique

A l’occasion de la 5e édition de la JOMD (Journée Outre-Mer développement) qui se tenait le 11 avril 2015, les organisateurs de cet événement ont souhaité une enquête permettant de mieux connaître le regard que portent les Français de l’Hexagone sur les départements et territoires d’Outre-Mer.
Petite et Grande TerreLes trois quarts des Français de l’Hexagone éprouvent des sentiments positifs pour les territoires d’Outre-Mer : 61% d’entre eux expriment de la « sympathie » et 16% un véritable « attachement » pour les territoires ultra-marins.

Contrairement à ce que l’Ifop (Institut français d’opinion publique) avait pu observer il y a dix-sept ans lors d’une première enquête sur le sujet auprès de l’ensemble des Français, l’image des territoires d’Outre-Mer apparaît de moins en moins marquée par leur retard économique : à peine un Français de l’hexagone sur deux estime qu’ils sont « en retard sur le plan économique », contre plus des deux tiers en 1998. De même, ils sont de moins en moins nombreux à penser que ces territoires « vivent principalement des subventions et des aides de la Métropole » (53%, contre 64% en 1998).

L’idée selon laquelle ces collectivités « coûtent cher aux contribuables » reste d’ailleurs minoritaire chez les Français de l’hexagone, mais approche quand même la moitié (contre 44% en 1998). Étonnamment, ce sont les ultramarins qui sont les plus critiques sur ce sujet (49%), tout en estimant que l’isolement et l’éloignement des Territoires d’Outre-Mer justifient un régime fiscal favorable à l’investissement. Les Français d’origine métropolitaine sont eux plus partagés (48%).

« Donne du rhum à ton homme »Fruits réduc

Les Français de l’hexagone s’accordent également autour de l’idée que les territoires d’Outre-Mer présentent pour la France un intérêt touristique et stratégique non négligeable : 82% estiment qu’ils lui permettent d’avoir « un domaine maritime et un potentiel touristique considérables », davantage que les ultramarins là encore, 70% pensent qu’ils « contribuent à son rayonnement dans leurs zones géographiques » et autour des deux tiers d’entre eux saluent la qualité de leurs productions agricoles en matière de rhum (71%) et de bananes (64%). Et encore, on ne sait si les petites bananes mahoraises sont arrivées jusqu’aux palais Hexagonaux…

De même, les Français de l’hexagone perçoivent les territoires d’Outre-Mer comme un atout pour le rayonnement de la France dans le monde (à 72%), et tout particulièrement sur le plan militaire et diplomatique. Une majorité d’entre eux les jugent ainsi « utiles » pour la « défense et l’action militaire de France, sachant que, très logiquement, les ultra-marins vivant en France métropolitaine sont encore plus nombreux à le penser (72%). De même, ils sont 48% (contre 40% d’avis contraires) à estimer qu’ils contribuent à renforcer le poids de la France dans les relations internationales.

L’éternelle question de l’indépendancepopulation

A peine un quart des Français d’origine métropolitaine croient que les territoires d’Outre-Mer seront devenus indépendants dans une vingtaine d’années, soit une proportion en retrait par rapport à ce que l’Ifop avait pu observer en 1998 (37%). On relève que les ultra-marins vivant en métropole sont à peine plus nombreux à envisager cette indépendance : la grande majorité d’entre eux (63%) estimant qu’ils « feront toujours partie de la République française dans 20 ans ».

Sur ce point, il est très intéressant de noter que les métropolitains originaires d’outre-mer se montrent encore plus attachés au maintien des DOM-TOM dans la République française (à 61%) que les autres Français vivant dans l’Hexagone (à 57%).

L’analyse détaillée des réponses des Français de l’Hexagone sur le sujet montre quant à elle que les métropolitains favorables à l’indépendance ont un profil bien particulier : ils sont plutôt âgés (trois fois plus que les moins de 25 ans), peu diplômés, situés dans les catégories populaires et surreprésentés dans les rangs des sympathisants Front national (à 43% favorables à leur indépendance, contre 23% des sympathisants de gauche).

Partir oui, mais pas longtemps

Un fort taux de sympathie
Un fort taux de sympathie

61% des Ultra-marins vivant en Métropole et 46% des Français de l’Hexagone se déclarent ouverts à un départ dans un territoire d’Outre-mer en cas d’opportunité professionnelle, ils sont néanmoins une majorité à avoir répondu « oui, probablement ». Par contre, les trois quarts des Français de l’Hexagone ne sont pas prêts à investir en Outre-mer, et plus de la moitié des ultramarins non plus…

Et ce n’est pas la faute des médias à en croire l’étude, puisque les trois quarts des sondés pensent qu’ils renvoient une bonne image des habitants de ces territoires.

Au cours des cinq dernières années, la moitié des Ultra-marins et 19% des Français de l’Hexagone, les plus aisés, déclarent s’être rendus dans un département ou un territoire d’Outre-Mer et deux tiers des Ultra-marins et plus de la moitié des Français de l’Hexagone ont le projet de se rendre dans un département ou un territoire d’Outre-Mer.

Dans cette perspective d’évasion, 45% des Français de l’Hexagone et 36% des Ultra-marins ont l’intention de se rendre à la Réunion. L’île de l’Océan Indien devance l’archipel des Antilles, partagé entre la Martinique (39%)et la Guadeloupe (36%). Dans une moindre mesure, les futurs voyageurs se tournent également vers les territoires de l’Océan Pacifique que sont la Polynésie française (22%) et la Nouvelle-Calédonie (16%). La Guyane s’avère quant à elle davantage prisée des Ultra-marins que des Français de l’Hexagone.

Mayotte n’est pas mentionnée, preuve qu’un gros travail de communication est encore à faire, d’image et de facilité d’approche aérienne.

A.P-L.
Le Journal de Mayotte

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