Entreprises, embauchez des apprentis, vous allez économiser !

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Donner à l’apprentissage l’image de réussite qui lui fait défaut, c’est le but du gouvernement actuel face à l’échec des filières générales. Une voie qui correspond à la jeunesse mahoraise. Les entreprises devraient être séduites par les aides fiscales.

Représentants des entreprises et de l’Education nationale
Représentants des entreprises et de l’Education nationale

Deux chiffres interrogent les professionnels de l’Education nationale en métropole : 3 ans après leur sortie du système éducatif, 21% des jeunes sont en recherche d’emploi (contre 14% pour la génération précédente), et 48% des jeunes sont non-diplômés.

Ce qui a incité le gouvernement à réagir et à booster l’apprentissage. Et avec un objectif de 500 000 apprentis en 2017, il fallait que l’Etat se dote de moyens bétons. Ou plutôt en dote les entreprises. Car jusqu’à présent, seules les sociétés militantes se lançaient dans le recrutement des apprentis.

La certitude de former de futurs salariés, ou l’envie de donner une chance à des jeunes de lycée professionnels sont deux moteurs des représentants du monde économique qui était conviés ce mardi matin pour des voeux à l’Unité de Formation des Apprentis (UFA) du lycée polyvalent de Kawéni par le proviseur Alain Berna, qui confiait que « l’apprentissage souffre d’un déficit d’image en étant considéré comme une voie de garage ».

Or, l’apprentissage est sans doute le type de pédagogie le plus adapté à Mayotte comme nous le confirmait le représentant du vice-rectorat : « les élèves mahorais doivent pouvoir choisir et se diriger vers l’enseignement général ou l’apprentissage ».

Chute des contrats de qualification

Alain Berna
Alain Berna

Mais encore maintenant, il est peu développé sur l’île, et le lycée de Kawéni fait figure de leader en s’affichant le plus grand UFA de l’île, « avec 180 apprentis, 350 000 euros de budget, totalement financé par un conseil général qui n’a pas encore abondé la totalité, ce qui induit des difficultés pour payer nos 60 formateurs ».

Les entreprises, pièces maitresses de la filière, affichent le plus souvent une approbation de façade, « vous parlez de l’apprentissage comme d’une voie d’excellence, mais le nombre de contrats de qualification signés a chuté de 8% de 2013 à 2014 »… Alain Berna sait qu’il adresse ces reproches à des chefs d’entreprises bons élèves dans ce domaine.

Du type de la Maison des Livres : « actuellement, dix apprentis travaillent pour nous en alternance avec le lycée, et nous en avons déjà recruté 8 ! » D’autres sont moins heureux de l’expérience, comme la papèterie Alizée, qui déplore ne pas avoir eu assez de choix dans les profils proposés.

Le suivi par le lycée les satisfait, il fait d’ailleurs l’objet d’un des points d’action du conseil de coordination de l’UFA.

Six mesures fiscales

Lycéennes en section restauration
Lycéennes en section restauration

Pour être complet, et finir de convaincre les indécis, alors que beaucoup plus d’entreprises étaient attendues, il existe six nouvelles mesures fiscales : « l’exonération de cotisations sociales, la prime d’apprentissage de 1 000 euros par an pour les entreprises de moins de 11 salariés, une aide au recrutement du premier apprenti, les aides financières de 4 000 euros sur trois ans liées aux contrats de génération en binôme jeune-sénior, le crédit d’impôt de 1 600 euros, ainsi que des déductions fiscales pour les entreprises de plus de 250 salariés ».

Nouveauté, les apprentis peuvent aussi être recrutés au sein de la fonction publique d’Etat et dans les établissements public de l’Education nationale.

Si la volonté politique est forte à Paris, le lycée de Kawéni n’est pas en reste et s’intéresse au campus des métiers, associant établissements du secondaire, établissements d’enseignement supérieur, collectivités et entreprises sur un pôle d’excellence donné, « il faut créer des passerelles », explique le chef d’établissement qui rappelle que la performance des lycées penche dorénavant du côté des polyvalents, et non de l’enseignement général ou uniquement professionnel.

L’évolution sera aussi statutaire à Mayotte qui n’a pas de Centre de Formation des Apprentis (CFA), un Centre dédié qui permettrait d’avoir, non pas un Conseil de coordination comme outil de gestion, mais un vrai conseil de perfectionnement. Bonne nouvelle, le Vice-rectorat pousse la réflexion « pour une concrétisation possible à la rentrée 2015 ».

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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