Les agriculteurs traînent pour s’inscrire à la Mutualité sociale

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Alors que la mutualité sociale agricole (MSA) s’installe à Mayotte, elle peine à susciter l’inscription des exploitants. La démarche est pourtant obligatoire et c’est peut-être une partie du montant des retraites agricoles qui est en train de se jouer.

MSA sur Petite Terre
Les locaux de la MSA en Petite Terre

Deux mois après l’arrivée officielle à Mayotte de la MSA, la mutualité sociale agricole, la vague d’adhésion est en train de s’essouffler. Au moins 1.300 exploitants agricoles ont l’obligation de s’inscrire à la MSA… pour leur plus grand bien ! L’organisme est en effet en charge de toute leur couverture sociale et de leur retraite. Par rapport au système actuel de la CSSM, les exploitants agricoles bénéficient d’une couverture pour la médecine libérale (Kiné, infirmier, médecin…), d’une indemnité journalière s’ils sont dans l’impossibilité de travailler ou encore d’une indemnité forfaitaire de 20€/jour pendant 3 ans en cas d’invalidité. «Tout ceci existe en métropole et est mis en place dès le démarrage à Mayotte», explique Anne Toulhdat, de la MSA Armorique chargée de créer la structure mahoraise.

Lors de son installation, la MSA ne savait pas combien d’exploitants allaient se manifester et encore moins combien allaient correspondre aux critères. La seule information disponible concernait les agriculteurs ayant déposé un dossier d’aide agricole. Cela représente 1.300 personnes auxquelles pourraient s’ajouter 1.000 supplémentaires qui disposent d’un numéro d’entreprise agricole.

Pourtant, on ne compte que 800 exploitants qui sont venus chercher des informations et seulement 250 dossiers sont actuellement finalisés. «Ca n’avance pas très vite, regrette Anne Toulhdat. On sent que ça retombe et si ça retombe trop, on n’arrivera pas à atteindre nos objectifs.» La MSA Mayotte espère atteindre les 700 dossiers complets au mois de mars pour une finalisation du dispositif d’installation à l’année 2015. Car il est délicat de faire cohabiter l’ancien système organisé autour de la CSSM et le nouveau de la MSA : le risque est une double cotisation de certains exploitants.

MSA logoS’inscrire pour couvrir sa famille

Les explications à la lenteur du déploiement de la MSA sont multiples. Elles vont de la difficulté à comprendre et à remplir un dossier exclusivement en français jusqu’aux rumeurs les plus fantaisistes qui circulent comme un éventuel droit d’entrée de 1.000 euros qu’il faudrait acquiter. «Cette rumeur est totalement fausse, affirme Anne Toulhdat. Pour l’année 2015, la cotisation est de 200 euros et seulement 200€. Il n’y a pas de droit d’entrée ou de cotisation supplémentaire. Et ces 200 euros couvrent la cotisation de la famille toute entière.»

En effet, si l’exploitant est concerné, sa famille -femme ou mari et enfants- l’est tout autant… à condition de s’inscrire. Car si le dossier est constitué automatiquement par la MSA, ses proches ne sont alors pas pris en compte et ne bénéficient pas de la couverture sociale et retraite jusqu’à régularisation.

Risques sur les retraites

Ces retards d’inscription risquent enfin de peser sur la mise en place des retraites agricoles. Personne n’est en mesure de dire combien les agriculteurs retraités de Mayotte vont percevoir et quelle ancienneté de cotisation va leur être reconnue. «La MSA va jouer un rôle important sur ce dossier, relève Anne Toulhdat. Le versement devrait débuter dès 2015 mais une fois que les professionnels se seront organisés en MSA, ils pourront faire valoir leurs intérêts.»

Pour tenter de corriger la tendance, deux personnes supplémentaires vont travailler à la CAPAM, la chambre d’agriculture, grâce à une convention signée avec la MSA pour accompagner les exploitants et faire de la pédagogie : courrier, téléphone voire déplacement, beaucoup d’énergie va être mobilisée pour qu’ils puissent bénéficier de leurs droits sociaux.
RR
Le Journal de Mayotte

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