En un mois, plus de la moitié des cas recensés depuis le début de l’année ont été enregistrés sur l’île. Les autorités sanitaires alertent sur une reprise locale de la transmission, notamment dans le sud de l’île.

Paludisme à Mayotte : malgré la flambée des cas, aucun traitement préventif généralisé n’est recommandé à ce stade

En un mois, plus de la moitié des cas recensés depuis le début de l’année ont été enregistrés sur l’île. Les autorités sanitaires alertent sur une reprise locale de la transmission, notamment dans le sud de l’île.

Les chiffres sont alertants et traduisent une accélération brutale de la circulation du paludisme à Mayotte. Dans son bulletin épidémiologique publié le 29 mai 2026, Santé publique France fait état d’une hausse rapide des contaminations depuis la fin du mois d’avril, avec plusieurs foyers suspectés de transmission locale.

Pourtant, malgré cette recrudescence, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) ne recommande toujours pas, à ce stade, de traitement préventif systématique contre le paludisme pour les habitants ou les voyageurs se rendant sur l’île.

26 nouveaux cas en une semaine

Paludisme, Mayotte, moustique,
Près de quatre nouveaux cas de paludisme ont été détectés chaque jour à Mayotte cette semaine dernière.

Le bulletin sanitaire de Santé publique France décrit une situation en nette dégradation. « 26 nouveaux cas de paludisme confirmés biologiquement ont été déclarés à Mayotte » entre le 18 et le 24 mai 2026, soit « une augmentation de 12 cas par rapport à la semaine précédente ». Parmi ces nouveaux cas, « 13 étaient suspectés d’avoir été acquis localement ». Depuis le début de l’année, « 197 cas de paludisme ont été enregistrés », dont « 71 suspectés d’être acquis localement », « 109 cas importés, majoritairement en provenance des Comores », et « 17 cas de statut indéterminé ».

L’évolution récente retient particulièrement l’attention des autorités sanitaires. Santé publique France souligne que cette recrudescence des cas est observée depuis la fin du mois d’avril, où 101 cas avaient été rapportés depuis le début du mois de mai, soit « plus de la moitié des cas enregistrés depuis le début de l’année », indiquent les épidémiologistes.

Le rythme de progression s’est fortement accéléré : « une moyenne hebdomadaire de 25 cas a été enregistrée jusqu’à la semaine 21, contre 6 cas hebdomadaires en moyenne entre les semaines 1 et 17 ». Depuis le mois de janvier 2026, trente patients ont dû être hospitalisés et trois patients ont été admis en réanimation.

Plus d’une commune sur deux touchée 

Mayotte, santé publique France, paludisme, épidémiologie,
Dans le sud et le centre de l’île, les épidémiologistes estiment que les cas auraient été acquis localement. Photographie / Santé publique France-Mayotte.

L’un des points les plus sensibles du bulletin concerne la multiplication des cas suspectés d’avoir été contractés directement sur le territoire mahorais. En effet, les nouveaux cas recensés la semaine dernière étaient répartis dans « neuf des dix-sept communes du territoire ». Les contaminations suspectées d’acquisition locale ont notamment été identifiées à Chirongui, Dembéni, Bandrélé, mais aussi à Bandraboua et Kani-Kéli. Santé publique France évoque « l’existence de foyers potentiels de transmission autochtone », particulièrement dans les communes de Chirongui, Dembéni et Bandrélé.

À Chirongui, le premier cas suspecté d’acquisition locale avait été identifié au début du mois de mars 2026, et depuis le début de l’année, « 38 des 71 cas suspectés d’avoir été acquis localement » y ont été recensés. Deux autres foyers préoccupent les autorités : ceux de Dembéni et Bandrélé, avec « 13 cas suspectés d’avoir été acquis localement » chacune.

À Bandrélé, un précédent avait déjà été observé : « un foyer de cas acquis localement avait déjà été identifié en juillet 2025, correspondant aux premiers cas autochtones recensés depuis juillet 2020 ».

Le HCSP ne donne pas son feu vers à la chimioprophylaxie 

Mayotte, répulsifs, sprays, moustiques, paludisme,
Le HCSP recommande l’usage de sprays répulsifs contre les moustiques, en particulier à la tombée de la nuit et à l’aube, périodes durant lesquelles les piqûres vectrices du paludisme sont les plus fréquentes.

Malgré cette hausse marquée des contaminations, le Haut Conseil de la santé publique ne modifie pas, pour l’instant, ses recommandations générales. Le HCSP rappelle que « l’usage d’une chimioprophylaxie relève d’une évaluation médicale individualisée avant tout voyage à Mayotte ».

Concrètement, la prise d’un traitement préventif contre le paludisme n’est pas recommandée de manière systématique. L’instance sanitaire soutient alors : « À ce jour, le HCSP ne recommande pas de chimioprophylaxie du paludisme pour un séjour à Mayotte ». Les autorités insistent surtout sur des mesures « classiques » de protection contre les moustiques : usage de répulsifs, moustiquaires imprégnées et vêtements couvrants dès la tombée de la nuit.

Néanmoins, le HCSP appelle toutefois à une vigilance renforcée et prévient que « cette recommandation devra être réévaluée si des signes de reprise de la transmission locale venaient à être détectés ». 

Mathilde Hangard

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.