Vendredi dernier, au quartier Cabaribère, à Dzaoudzi, l’ambiance était simple, un café, quelques viennoiseries et surtout des échanges directs. Le colonel Renaud Voyer, chef de corps du 5e Régiment étranger et commandant militaire de Mayotte, a présenté les grandes lignes de l’année 2026 lors d’un petit-déjeuner.
Des effectifs en hausse et un retour au format régulier
Premier sujet abordé, les effectifs. En effet, aujourd’hui, le régiment compte environ 350 militaires, un format réduit mais assumé. « C’est un petit régiment par rapport à ceux de métropole, mais pour Mayotte, c’est un format adapté », explique le colonel. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit toutefois une montée en puissance progressive, avec environ 70 postes supplémentaires sur six ans, ainsi que des moyens matériels renforcés.
L’année écoulée a aussi marqué un retour à un fonctionnement plus classique après le cyclone Chido. En 2025, le régiment avait accueilli d’importants renforts dédiés à la reconstruction. Jusqu’à 500 militaires avaient alors été présents sur le territoire, hébergés notamment dans l’ancien hôpital ou sous des tentes, dans la zone des Badamiers. Ces renforts ont quitté l’île à la mi-décembre, à la date anniversaire du cyclone. « On a retrouvé notre format seuil », résume le chef de corps.
Missions, coopération et opérations humanitaires

Sur le terrain, les missions restent larges, le colonel rappelle que le cœur du métier du régiment reste avant tout militaire. Leur mission principale est d’assurer la défense de la France et des Français. « On est d’abord des combattants », indique-t-il, tout en rappelant que les unités peuvent être engagées sur tout le spectre, du combat aux opérations humanitaires si la situation l’exige. À cela s’ajoutent les missions de coopération régionale, avec des détachements qui sont régulièrement envoyés aux Comores, à Madagascar, au Mozambique ou encore aux Seychelles.
Le régiment est aussi régulièrement mobilisé pour des opérations humanitaires. Récemment, plusieurs détachements ont été envoyés à Madagascar après les deux épisodes climatiques violents Fytia et Gezani, notamment à Majunga, ou encore Tamatave. À chaque fois, des petits groupes d’environ quinze personnes, ont été déployés pour venir en aide aux populations. « On est toujours réactifs, on a été actifs très vite sur ces sujets là et c’est notre rôle », souligne-t-il.
Exercices régionaux et ouverture au public
Cette dynamique se traduira concrètement dans les prochaines semaines avec plusieurs rendez-vous. Dès le mois de mars, le régiment participera à l’exercice « Papang », organisé à La Réunion. Un exercice régional qui réunit plusieurs armées partenaires de la zone sud de l’océan Indien. Dans ce même cadre, Mayotte accueillera le 19 mars, pendant une escale d’une journée, le porte-hélicoptères amphibie Dixmude, engagé dans la mission Jeanne d’Arc. Des activités seront organisées depuis la base navale et une partie des militaires du régiment embarquera ensuite à bord pour rejoindre La Réunion, où se tiendra l’exercice.

Le bataillon contribue au développement local, notamment avec des actions telles que la réfection des escaliers menant à la plage de Moya. La formation entretient également le lien avec les jeunes via les classes Défense, qui permettent aux militaires de présenter leur métier et d’établir un contact direct avec les élèves.
Enfin, les journées portes ouvertes régimentaires feront également leur retour après avoir été absentes l’année dernière. Elles sont prévues au mois mai prochain pour la fête de Camerone, afin d’aller vers la population et renforcer le lien avec les jeunes. « Il ne faut pas rester repliés sur Le Rocher. La Légion a des choses à transmettre », conclut le colonel.
Shanyce MATHIAS ALI.


