Le cyclone tropical Fytia a laissé Madagascar meurtrie : sept morts, des dizaines de milliers de sinistrés et des villages isolés. Mayotte, déjà fragilisée par des pluies persistantes, a frôlé la tempête. Pendant ce temps, une nouvelle dépression en formation au nord-est des Mascareignes inquiète les météorologues et pourrait évoluer rapidement.
Madagascar frappée en plein cœur

Samedi 31 janvier au matin, le nord-ouest de Madagascar a été balayé par Fytia. Le cyclone a touché terre près de Majunga avec des rafales atteignant 210 km/h, arrachant toitures et arbres, inondant routes et villages. Le bilan humain reste lourd : sept morts, plusieurs disparus et plus de 20.000 personnes évacuées vers des lieux sûrs.
Le passage de Fytia a également paralysé les communications dans certaines zones rurales, isolant temporairement les habitants et compliquant l’organisation des secours. Les autorités locales ont mobilisé les équipes de la protection civile pour sécuriser les routes et distribuer l’eau potable et les vivres.
Malgré l’affaiblissement du cyclone après sa traversée de l’île, les habitants sont toujours sur le qui-vive. Les infrastructures détruites et les terres saturées d’eau compliquent les prémices de reconstruction. Et l’attention des météorologues est déjà tournée vers une nouvelle menace qui pourrait toucher le bassin dans les jours à venir.
Mayotte, frôlée par le cyclone

Si Mayotte n’a pas été directement touchée par Fytia, l’île a connu quelques heures d’inquiétude. Le système est passé à 1.570 km au sud-est, avec des vents modérés, mais ses effets ont été perceptibles. La situation est d’autant plus sensible que Mayotte subit depuis plusieurs semaines des pluies particulièrement abondantes. Les sols saturés et les routes partiellement inondées rendent certaines zones vulnérables aux crues soudaines.
Même si aucune alerte cyclonique n’a été déclenchée, les habitants ont ressenti la proximité de la dépression. Les services météorologiques rappellent que le relief de l’île et la pluviométrie persistante peuvent amplifier localement les impacts, même pour un système affaibli et relativement éloigné du territoire.
Fytia s’éloigne mais laisse des traces

Depuis mercredi 4 février, après avoir traversé Madagascar et frôlé les Mascareignes, Fytia descend désormais lentement au sud de La Réunion. Les vents moyens atteignent encore 75 km/h sur mer, avec des rafales à 100 km/h. La mer reste agitée, et la navigation côtière demeure déconseillée dans certains secteurs.
Pourtant, même affaibli, le cyclone laisse derrière lui des houles résiduelles et des rafales ponctuelles pouvant perturber les activités maritimes et les infrastructures côtières. Depuis plusieurs jours, La Réunion subit d’importantes précipitations. Lundi 2 février, la circulation sur la route du Littoral, entre la Grande Chaloupe et La Possession, avait été basculée côté mer, en raison de conditions métérologiques dégradées.
Une nouvelle menace se profile
Désormais, une nouvelle zone perturbée se développe au large du nord‑est des Mascareignes, à environ 1.340 km des côtes réunionnaises. Pour l’instant, le système reste faible, mais il pourrait s’intensifier dans les prochains jours et, selon les prévisions, influencer le bassin sud-ouest de l’océan Indien dès dimanche, avec un risque encore très limité de tempête tropicale pour La Réunion.
Cependant, les météorologues soulignent que même un système faible peut se renforcer rapidement, d’où l’importance d’un suivi quotidien pour anticiper d’éventuelles alertes. Entre la dissipation de Fytia et les pluies persistantes à Mayotte, la saison cyclonique reste active. Madagascar poursuit sa reconstruction, tandis que La Réunion et Mayotte restent en vigilance pour se préparer à la prochaine tempête.
Mathilde Hangard


