A l’occasion des échanges avec les plus hauts membres de la Commission, le sénateur de Mayotte en a profité pour plaider la cause des pêcheurs mahorais en transmettant au vice-président de la Commission un dossier sur les moyens de reconstruction et de développement de la filière pêche à Mayotte depuis le passage de Chido. Le but est de parvenir à augmenter les aides d’État, à travers la mise en place de mesures européennes dérogatoires justifiées par un cas de force naturelle majeure.

Saïd Omar Oili a ainsi formulé 3 propositions concrètes. D’une part, la prolongation jusqu’en 2030 de la dérogation accordée aux pêcheurs mahorais en 2022 afin de bénéficier d’une aide de 60 % de subventions pour le renouvellement de la flotte de pêche côtière. Celle-ci devant se terminer le 31 décembre 2026. « Je demande la prolongation de cette dérogation à fin 2030, pour deux motifs : le premier c’est le manque d’informations aux professionnels de la pêche sur cette disposition par les autorités publiques locales. De surcroît, avec le cyclone CHIDO, la flotte mahoraise a été lourdement touchée et les professionnels ont besoin de temps pour constituer leurs dossiers ».
Il n’a pas oublié de dénoncer, par la même occasion, l’absentéisme de l’État concernant ce sujet. « Cette dérogation qui date de 2022 prévoit une répartition des 60 % de la manière suivante : 30 % à la charge du Conseil départemental et 30 % pour l’État. Actuellement, les services de l’État sur Mayotte sont aux « abonnées absents » sur ce dossier », déplore-t-il.

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, l’élu du palais du Luxembourg a demandé une dérogation supplémentaire en raison des dégâts causés par le cyclone Chido sur la flotte de pêche de Mayotte en application d’un article du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). « Cet article (…) prévoit une dérogation sur les aides destinées à remédier aux dommages causés par les calamités naturelles ou par d’autres évènements extraordinaires. Une aide de 20 % supplémentaire porterait la subvention à 80 % pour le renouvellement de la flotte de pêche. Je propose que les 20 % d’aides soient prises en charge sur les redevances des armateurs seychellois dont les montants non utilisés s’élèvent à 1,8 million d’euros selon la ministre des Outre-mer ».
A la fin du mois de février, le sénateur devrait s’entretenir avec la ministre Naïma Moutchou et assure que lors de cette rencontre, il « portera ces 3 propositions qui contribuent à relever une flotte durement éprouvée après CHIDO ».
Enfin, la délégation sénatoriale aux Outre-mer se rendra de nouveau à Bruxelles le 5 février prochain pour rencontrer, cette fois-ci, les différentes directions de la Commission européenne (DG BUDG, DG AGRI, DG REGIO, DG INTPA), toujours dans l’idée de défendre les intérêts des territoires ultramarins.



