Durant le mois de décembre, plusieurs quartiers et secteurs de l’île ont été touchés par des coupures d’électricité irrégulières, perturbant le quotidien des habitants et des professionnels. La situation s’est aggravée dans la journée du 23 décembre 2025, lorsqu’un black-out général a privé l’ensemble du territoire d’électricité pendant plusieurs heures.

Suite à cet épisode, la direction de l’Electricité de Mayotte s’est exprimée à plusieurs reprises dans les médias, notamment lors d’une interview diffusée au journal télévisé chez nos confrères de Mayotte La 1ère le 8 janvier, puis dans une émission consacrée à la politique énergétique de l’île le 14 janvier, également sur les ondes de La 1ère. Lors de cette prise de parole le directeur de l’entreprise a expliqué que la coupure générale d’électricité n’était pas liée à un défaut de maintenance, mais à une « panne rare ».
Via un communiqué de presse à notre rédaction, la CGT-Ma regrette tout d’abord l’absence de représentants des salariés d’EDM ainsi que du Département lors de ces débats publics. Le syndicat estime que les enjeux énergétiques de l’île concernent l’ensemble du territoire et de ses acteurs. Il dénonce également des « accusations mensongères » portées à l’encontre d’agents grévistes, formulées selon lui sans contradicteur, alors que la direction aurait eu « plusieurs occasions, en moins d’une semaine, de dérouler ses éléments de langage ».
Un réseau électrique jugé vulnérable faute de redondance
Sur le fond, la CGT-Ma nuance l’explication d’une « panne rare ». Si l’incident ne relèverait pas uniquement d’un défaut de maintenance, le syndicat estime que le problème est avant tout structurel et est le résultat d’une insuffisance d’investissements. Il pointe notamment l’existence d’un unique transformateur de puissance assurant l’alimentation électrique de tout le département. Toujours selon le syndicat, l’absence de transformateur de secours empêche toute maintenance lourde sur cet équipement stratégique. En cas de défaillance, aucune solution de relais n’est possible, ce qui rend l’interruption totale de l’alimentation électrique inévitable. Une situation que l’organisation des salariés résume ainsi : « un réseau sans secours, c’est une île sans lumière ». Le syndicat rappelle aussi que les standards de sûreté électrique reposent sur un système de secours pour les équipements critiques.

L’organisation syndicale élargit aussi son analyse à d’autres points de fragilité du réseau, comme l’existence d’un seul camion laboratoire, indispensable pour localiser et analyser les défauts. D’après la CGT-Ma, une panne de ce véhicule pourrait compromettre lourdement les capacités d’intervention des équipes sur le terrain. Les événements de décembre mettraient en avant un décalage persistant entre les investissements annoncés et leur concrétisation sur le terrain. « Ce black-out n’est pas une fatalité technique », affirme le syndicat, qui appelle à la révision complète de la politique de financement afin de garantir la sécurité et la continuité de l’alimentation électrique à Mayotte.
Shanyce MATHIAS ALI.



