À Mayotte, devenir greffier, ce n’est pas seulement passer un concours : c’est s’installer durablement sur l’île et participer à la vie quotidienne de la justice. Confrontées à des conditions de vie difficiles et à un turn-over important, les juridictions locales misent sur un vivier de candidats mahorais pour garantir la continuité du service public.
Des conditions de vie qui compliquent le recrutement

À Mayotte, travailler dans la justice n’est pas toujours une sinécure. Le tribunal judiciaire et la chambre d’appel de Mamoudzou font face à des contraintes qui freinent l’arrivée de nouveaux greffiers. Selon la direction des services de greffe, « le contexte sécuritaire actuel à Mayotte, la pénurie de logements, les tours d’eau constituent des facteurs dissuasifs pour de nombreux candidats issus de la métropole ou d’autres territoires d’outre-mer ». Résultat : les juridictions locales rencontrent « des difficultés persistantes de recrutement » et doivent composer avec un turn-over particulièrement élevé.
Cette situation a des conséquences concrètes : la chambre d’appel, qui devrait normalement disposer de quatre greffiers, ne comptera plus qu’ « une seule greffière » à partir de mars 2026, ce qui risque de compromettre « gravement la continuité et la qualité du service public de la justice ». Face à ce constat, le concours local vise à créer « un vivier de greffiers locaux, durablement implantés sur le territoire, désireux de s’engager au service de la justice mahoraise ».
Le métier, soulignent les responsables, reste attrayant pour ceux qui souhaitent s’investir sur le long terme. Il offre « des perspectives professionnelles stables, un rôle essentiel au fonctionnement de la justice et un engagement au cœur de la vie judiciaire du territoire ». Une carrière sérieuse, mais avec l’avantage de contribuer directement au bon fonctionnement de la justice sur l’île.
Un concours local pour renforcer les juridictions

Pour répondre à ces difficultés, le tribunal judiciaire et la chambre d’appel lancent un concours spécialement destiné aux candidats locaux. L’initiative, intitulée « Devenez greffier à Mayotte : un concours ouvert aux candidats locaux », s’inscrit dans « un concours national à affectation locale (CNAL) relevant du ressort de la cour d’appel de Saint-Denis ».
L’objectif est d’attirer des candidats qui souhaitent exercer durablement sur le territoire. Le communiqué précise que le concours « s’adresse aux candidats locaux souhaitant s’engager au service de la justice, tout en ayant vocation à exercer leur métier à Mayotte, au sein du tribunal judiciaire ou de la chambre d’appel de Mamoudzou ».
Côté pratique, les inscriptions s’effectuent « prioritairement en ligne » sur le site du ministère de la Justice. Pour les candidats ne pouvant recourir à cette voie électronique, une procédure papier est prévue, avec des dossiers pouvant être retirés « auprès du service du procureur de la République près le tribunal judiciaire, puis adressés par voie postale au ministère de la Justice ».
Le calendrier est fixé : la date limite d’inscription est le mercredi 4 février 2026 à 23h59 (heure de Paris), tandis que les épreuves écrites auront lieu les 31 mars et 1er avril 2026 (après-midis), et les épreuves orales se tiendront du 25 au 30 juin 2026. Pour toute information complémentaire, les candidats peuvent « se rapprocher de l’accueil de la chambre d’appel de Mamoudzou, située zone NEL à Kawéni », conclut la direction des services de greffe.
Mathilde Hangard



