Mayotte n’échappe pas à la vigilance sanitaire mondiale. Le 8 janvier, un premier cas de Mpox, anciennement monkeypox, a été confirmé sur l’île. Pris en charge immédiatement au Centre hospitalier de Mayotte (CHM), ce cas importé a entraîné une mobilisation rapide de l’Agence régionale de santé (ARS) de l’île, dans un territoire où les échanges quotidiens avec des pays voisins comme les Comores et Madagascar imposent une attention constante. Pour l’heure, les autorités parlent d’un risque maîtrisé, mais restent sur le qui-vive.
Pas de circulation locale « à date », soutient l’ARS

Le diagnostic est tombé le jour même. Jeudi 8 janvier, un cas de Mpox a été confirmé à Mayotte, après un prélèvement et une analyse réalisés « le jour-même » précise l’ARS. Selon l’autorité sanitaire, la personne infectée revenait de Madagascar, où plusieurs cas avaient été récemment signalés, quelques jours plus tôt.
« Il s’agit d’un cas importé », insiste l’agence, qui précise qu’ « à date, aucune circulation du virus n’est connue à Mayotte ». Depuis cette confirmation de cas, aucun autre cas suspect n’a été signalé. Un soulagement relatif, dans une île régulièrement exposée aux risques sanitaires liés à sa position géographique et à l’intensité des flux régionaux. Le clade du virus, un élément clé pour évaluer la gravité potentielle et les modalités de transmission, est encore en cours d’identification.
Isolement, traçage et vaccination ciblée
Dès la confirmation du cas, le patient a été « immédiatement pris en charge au centre hospitalier de Mayotte via un circuit sécurisé », détaille l’autorité sanitaire. Isolement strict, parcours dédié et précautions renforcées ont été appliquées. À sa sortie d’hospitalisation, l’ARS a accompagné la mise en place d’un isolement du patient à son domicile, assorti d’un suivi médical. En parallèle, les personnes « contacts » ont été identifiées et font l’objet d’un suivi, en lien avec la cellule de Santé publique France à Mayotte. Une stratégie de vaccination ciblée est également prévue : la vaccination contre le Mpox sera proposée aux adultes considérés comme contacts à risque.
L’ARS assure appliquer « strictement » le protocole national Mpox, établi avec les autorités sanitaires et les recommandations scientifiques du Coreb (Coordination opérationnelle du risque épidémique et biologique). En clair : pas d’improvisation, mais un manuel officiellement bien rodé depuis les épisodes précédents.
Une gestion sous contrôle… selon l’ARS

Santé publique France-Mayotte qualifie le risque d’importation de nouveaux cas de Mpox depuis Madagascar de « non négligeable », tout en estimant le danger sanitaire faible pour la population mahoraise. Une appréciation qui s’appuie, selon les autorités, sur un triptyque bien rodé : surveillance, prévention et réactivité.
Dans sa communication, l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte assure avoir renforcé les dispositifs dès les premiers signalements de cas à Madagascar. Sont notamment évoqués un contrôle sanitaire accru aux frontières, en particulier à l’aéroport de Dzaoudzi, une vigilance renforcée des professionnels de santé, des consignes de signalement rapide, des messages de prévention diffusés aux voyageurs, ainsi que l’envoi de SMS ciblés aux passagers en provenance de la Grande Île pour rappeler les symptômes devant conduire à une consultation.
Une version qui contraste toutefois avec certains éléments de terrain. Dans un reportage diffusé jeudi 8 janvier, nos confrères de Mayotte La 1ère rapportaient qu’un vol en provenance d’Antananarivo avait atterri à Dzaoudzi sans que ses passagers ne fassent l’objet d’un contrôle sanitaire spécifique. Un décalage qui interroge sur la réalité et l’homogénéité des mesures effectivement mises en œuvre au moment des arrivées.
« La situation est susceptible d’évoluer »
L’ARS indique par ailleurs maintenir un « contact étroit » avec ses homologues malgaches afin d’anticiper toute évolution de la situation épidémiologique régionale. Elle reconnaît elle-même que « la situation est susceptible d’évoluer », compte tenu de l’intensité des échanges quotidiens et des liens familiaux et sociaux entre les deux territoires. En attendant, à Mayotte, le Mpox est officiellement « surveillé de près ». Reste à savoir si cette vigilance affichée se traduira, dans la durée, par des dispositifs visibles et effectifs à chaque point d’entrée du territoire.
Mathilde Hangard



