25.8 C
Mamoudzou

Football : où en est la formation des jeunes ?

Mayotte regorge de beaucoup de talents dans le football. Malheureusement, peu d'entre eux se hissent au plus au niveau. Ilam Djailane était devenu en 2019, le premier footballeur mahorais, formé sur le territoire, à intégrer le centre de formation d'un club professionnel. Depuis, d'autres ont suivi ses pas. C'est dans cet élan que nous avons voulu faire un petit point sur l'évolution de la formation des pépites du département

Ilam Djailane, formé au FC Labattoir, est un de ces jeunes espoirs du football mahorais qui nous représente dans l’hexagone. Il joue actuellement avec l’AJ Auxerre, club de ligue 1*. Ce dernier nous livre son avis, à propos des évolutions majeures dans la formation des jeunes : « La situation actuelle est le fruit d’un bon travail d’équipe, de la part des clubs et de la ligue. Au niveau des clubs, il y a un meilleur encadrement des jeunes. Sans rentrer dans les détails, je trouve que les entraîneurs sont plus sérieux et arrivent à mieux transcender les jeunes. Ces derniers apprennent donc plus vite. La ligue, de son côté, fait aussi de son mieux pour organiser des rassemblements, tels que des détections, pour intégrer le pôle espoir, à la Réunion. Par ailleurs, vous savez déjà que nous n’avons jamais eu les meilleurs terrains à Mayotte, ce qui a toujours été pénalisant. Malgré tout, la situation évolue car le département investit pour améliorer les terrains. Un meilleur environnement, couplé à un meilleur encadrement, ainsi qu’un meilleur suivi; ce sont pour moi, les principaux facteurs de l’évolution de la formation locale. »

Samir Said Haribou, ici à gauche, a suivi les pas de son aîné Ilam. Il a été pris, lui, au centre de formation du Fc Lorient, autre club de ligue 1

Une meilleure structuration des clubs mahorais, entre autres

Comme Ilam, Aurélien Timba Elombo, directeur général de la ligue de Mayotte de football, met lui aussi en lumière l’excellent travail conjoint des clubs et de la ligue. Avec en point d’orgue, une meilleure structuration des clubs. Il nous développe son point de vue : « Tout d’abord, je tiens à souligner le gros travail des clubs mahorais. Ces derniers se structurent de plus en plus et cela leur permet notamment d’avoir plus d’éducateurs formés. De notre côté, à la ligue, nous faisons du mieux que l’on peut pour les accompagner sur ce chemin là, notamment en organisant de multiples formations d’éducateurs. Ensuite, la Fédération (Française de Football) nous donne, elle aussi, un peu plus de moyens pour améliorer notre rendement. Tout cela est utilisé à bon escient par nos cadres techniques, qui fournissent un travail de qualité. La récente mise en place d’un centre d’excellence sportive*, en est un exemple notable. Nous avons beaucoup de pépites dans notre 101e département, il est donc important de mieux les repérer, les former et les suivre. Avec le bon travail conjoint de la ligue et des écoles de football de Mayotte, les choses tendent vers le positif. »

« Les jeunes suscitent plus d’intérêt »

Aboul Doihir, ancien coach de l’ASC Kaweni ou encore du Pamandzi SC, nous explique que les équipes mahoraises investissent plus dans la jeunesse : « Aujourd’hui, je trouve qu’il y a beaucoup plus d’investissement dans notre jeunesse. Leur accueil, leur niveau d’encadrement, font partie des priorités. C’est dans leur intérêt que les formations d’éducateurs s’intensifient. On retrouve beaucoup de clubs avec des écoles de foot labellisées. En plus de cela, avec la récente mise en place du centre d’excellence sportive par la ligue, un meilleur suivi leur est proposé. Ils (les jeunes) suscitent plus d’intérêt qu’avant. »

Aboul Dhoihir, tout à gauche, assistant à une formation d’entraîneur de gardien de but. Une des nombreuses formations proposées par la ligue Mahoraise de Football pour les éducateurs

Même si tout n’est pas parfait et qu’il reste beaucoup de travail, les jeunes footballeurs mahorais bénéficient d’une meilleure formation, c’est indéniable. Outre Ilam, Keyliane Abdallah, Yaqîne Cheik Ahamed et bien d’autres jeunes promesses du département sont partis continuer leur rêve en métropole. Nous espérons pouvoir en tirer un jour un international français, fait encore inédit.

Houmadi Abdallah

*la ligue 1 est la première division du football français. L’AJ Auxerre, club mythique de ligue 1, est remonté en 2022, après plusieurs années passées en ligue 2, à l’échelon inférieur. Ilam joue avec leur équipe réserve, pour l’instant.

*la ligue a mis en place, la rentrée dernière, un centre d’excellence sportive à Cavani. Ce projet, grandement porté par Guillaume Brouste, directeur technique régional de la ligue de Mayotte, suit le même fonctionnement qu’un centre de « sport-étude ». Les meilleurs jeunes vont y être formés puis présentés à des centres de formation de clubs professionnels en métropole. Nous vous en dirons davantage sur le sujet dans nos prochaines éditions.

Partagez l'article:

Les plus lus

Articles similaires
Similaire

Santé bucco-dentaire : moins de 3 dentistes pour 100 000 habitants à Mayotte

Il faut bien du courage aux Mahorais qui ont des problèmes dentaires pour se faire soigner sur le territoire. Les dentistes libéraux ne sont plus que 9 pour les 321 000 habitants recensés sur l’île au 1er janvier 2024. Nous faisons le point sur la situation avec Thierry Arulnayagam, le représentant URPS bénévole des dentistes de Mayotte et conseiller ordinal régional des chirurgiens-dentistes

CSSM : les raisons d’un trou d’air de 12 ans sans cotisations sociales pour les indépendants

Ils sont 3.000 de déclarés sur l’île, et n’ont pas pu cotiser, notamment pour leur retraite jusqu’à présent. La raison ? Le décret destiné à appliquer l’ordonnance de 2011 n’a jamais été pris

La Préfecture lève un pan du voile de sa réponse « eau potable », pour lutter contre le choléra

La Préfecture de Mayotte, l’ARS, les Eaux de Mayotte, les communes, et la société Mahoraise des Eaux annoncent un "plan d’action visant à améliorer l’accès à l’eau potable", notamment pour des zones "à haut risque"

Mieux éduquer les ados à la vie affective pour améliorer leur protection, et celle de la société  

Au cœur des enjeux des jeunes enfants, la précarité affective. Parce que ceux qui sont victimes de violences, sexuelles ou autre, ne le verbalisent pas ainsi en raison d’un entourage déficient, des actions sont menées. C’est dans ce cadre que se tenaient ce week-end les 2ème "Débats jeunes de Mayotte" organisés par l'association Haki  Za Wanatsa et le Collectif CIDE
WP Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com