“Le cynisme, c’est connaître le prix de tout, et la valeur de rien !”
Oscar Wilde
L'édito de BIM traite de l'actualité, souvent trop sérieuse, de manière décalée en essayant de mettre une lumière nouvelle sur des faits de société ou des personnages publics.
Comme chaque année, la nouvelle année donne lieu à l’établissement du bilan de la précédente. Il peut être personnel, intime, et même professionnel, pour qui veut bien se donner la peine d’une introspection salutaire, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs qui mènent invariablement aux mêmes situations.
Le bilan qui intéresse le plus les Français semble être celui de l’activité de l’état. Comment va-t-il manger nos économies pour financer leurs nouveaux échecs ? Comment va-t-il masquer ses difficultés face au nouveau monde émergent, par une communication qui ne fait qu’enrichir ceux qui la produise, sans que plus personne ne soit vraiment dupe ?
Ce bilan n’a bien évidemment pas le sens de celui pratiqué aux seins des entreprises. Est-ce une chance ou une particularité nécessaire au bon fonctionnement de l’état « nounou ». Pour les protagonistes, c’est bien évidemment une chance. Si ce mot devait être compris au sens économique et comptable, plus aucune de nos chères grandes élites n’auraient de travail pour cette rentrée 2026. Cela permet finalement un état « Nous Nous », propice au développement de carrières opportunistes.
À Mayotte, ce mot résonne comme un glas qui annonce la fin prochaine d’une époque que seuls les plus de 30 ans ont pu connaître, pour paraphraser un auteur de chanson, qui savait manier la langue française comme personne. Ce n’est pas une simple formule, plus personne ne sait le faire. Après le passage du cyclone, qui ne fut que le révélateur de difficultés amassées depuis bien des années, les cache-sexes ne suffisent plus à masquer les errances d’un état complaisant face à des situations hors de contrôle.
La récente venue de notre ministre des Outre-mer, que personne ne connaissait vraiment et qui retournera rapidement dans l’ombre d’une carrière, faite d’entre-soi et de petits fours hors de prix, est le symbole de la déconnexion opportune de ceux qui veulent éviter de voir une réalité bien dérangeante. Fraîchement débarquée de son avion climatisé, en petit tailleur plus adapté aux cocktails mondains qu’à la réalité du terrain, elle n’annonçait fièrement qu’à Mayotte : « La délinquance baisse ». À la lueur d’une telle déclaration, on peut mesurer les ravages des tableaux Excel lorsqu’ils ne sont pas lus par des professionnels.
En métropole, le bilan semble encore plus désastreux. Nous ne parlons plus de la dette, dont chacun sait inconsciemment que son montant abyssal sera le prix des funérailles d’un pays lentement détruit par l’incompétence, le dogme et la suffisance de ceux qui les pratiquent. Il suffit juste d’observer le quotidien pour voir à quel point cette nouvelle année révèle une société à bout de souffle. Les agriculteurs bloquent le pays. Ils sont soutenus par une majorité d’une population exsangue et vont être rejoints par d’autres professions.
Face à des situations que l’état n’a pas su gérer, voire qu’il a créé, on peut se demander si les dirigeants actuels comprennent bien les enjeux du moment, en ne donnant comme seule réponse au mécontentement l’assurance de l’intervention des forces de l’ordre. D’ailleurs, Mayotte a été présente, bien malgré elle, sur le front des représailles faites aux agriculteurs, avec la courageuse intervention de Philippe Friedrich, arme au poing, braquant un jeune agriculteur, comme dans une série américaine. Avec des fonctionnaires aussi zélés que courageux, on ne comprend pas que la délinquance augmente encore dans les quartiers « sensibles ».
Le bilan n’est certes pas réjouissant, mais patience, il peut encore s’aggraver. Le bilan administratif, qui semble être un constat sans fin, pourrait bien voir la ligne d’arrivée se dessiner. Les entrepreneurs appellent ça un dépôt de bilan.
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