C’est une opération « portes ouvertes » ou plutôt « pont ouvert » à laquelle s’est livrée la Marine nationale ce jeudi en permettant à la presse, mais aussi à des lycéens, des volontaires du Régiment du Service militaire adapté (RSMA), d’élèves des classes de défense et de seconde professionnelle aéronautique et ateliers Sciences Po, ou encore à de jeunes sapeurs-pompiers et des cadets de la Gendarmerie de Mayotte de découvrir le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude aux dimensions hors norme de près de 200 mètres de longueur !
L’objectif était de monter à l’occasion des 400 ans de la Marine ce que font les marins, les différents corps de métiers au sein de ce navire, mais aussi échanger avec le public et peut-être faire naître des vocations au sein de la jeunesse mahoraise.
Une épopée de 5 mois dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc

Comme nous l’a expliqué le commandant du Dixmude, le capitaine de vaisseau Jocelyn DELRIEU, la mission Jeanne d’Arc marque la fin de la formation des futurs officiers de la Marine nationale, après 3 années « d’apprentissage ». « L’objectif est de les former aux futures missions auxquelles ils seront confrontés. Toutes les fonctions de la Marine sont représentées avec toutes les spécialités… Ils sont ainsi 160 à finir leur formation. C’est un équipage jeune avec une moyenne d’âge de 25-28 ans et parmi eux de nombreux ultramarins dont une quinzaine originaire de Mayotte ».
Protéger les intérêts de la France

Le Dixmude fait partie des 3 porte-hélicoptères amphibie avec le Mistral et le Tonnerre dont dispose la France. Et en arrivant à Mayotte il n’est pas venu seul puisqu’une frégate de type Lafayette, Aconit l’accompagne dans sa mission. « Elle patrouille au large pas très loin d’ici », nous a indiqué « le pacha » sans nous révéler toutefois l’endroit exact. A travers cette mission Jeanne d’Arc il est non seulement question de former les futurs officiers de la Marine nationale mais aussi de patrouiller sur les mers et les océans pour garantir la souveraineté de la France. « Notre objectif est de s’entrainer mais aussi de protéger les intérêts de la France. Cela passe par la sécurisation de la navigation en luttant contre la piraterie dans le cadre de l’opération Atalanta notamment, mais aussi surveiller le trafic illicite », ajoute le capitaine de vaisseau Jocelyn DELRIEU.

Pour cela le Dixmude dispose de plusieurs hélicoptères de type Dauphin, Gazelle ou encore les impressionnants Caïman NH 90, ainsi que des drones de surveillance A36F. Mais il transporte aussi du matériel militaire (véhicules tout terrain, transport de troupes, …). Ce bâtiment est ainsi polyvalent puisqu’il peut également servir à évacuer des ressortissants, comme c’est déjà arrivé au Liban…, et dispose même comme ses deux « frères » le Mistral et le Tonnerre d’un hôpital en son sein. « Le porte-hélicoptères amphibie permet un panel de missions assez large… L’objectif est une projection de force, de puissance », nous a confié un officier à bord.
Le Dixmude a quitté Mayotte ce jeudi soir direction La Réunion, qu’il devrait atteindre d’ici quelques jours, afin de procéder à des exercices et des entrainements avec les différents partenaires et les marines de la région avant de continuer sa route vers les détroits indonésiens pour retourner à Toulon au cours du mois de juillet avec sa mission achevée.
B.J.


