Ce mardi, la séance plénière s’est ouverte en présence des élèves de l’école élémentaire de Bouéni, venus assister aux débats. Une initiative saluée par le président de l’Assemblée, Ben Issa Ousseni. « Nous avons peut-être ici nos futurs présidents et vice-présidents ! ».
Avant d’entrer dans le vif des dossiers, une pensée de solidarité a été adressée à la communauté malgache, touchée par les cyclones Fitya et Gezani. « Nous suivons la situation de très prêt et évaluons les solutions pour le rapatriement de nos compatriotes mahorais », a indiqué le président Ben Issa Ousseni.
Un débat budgétaire attendu
Zamimou Ahmadi, en charge du budget, a souligné que le débat d’orientation budgétaire (DOB) est une obligation légale mais aussi un moment pour présenter les grandes orientations et permettre aux élus de donner leur avis. Elle a expliqué que les priorités pour 2026 consistaient à poursuivre les travaux engagés suite à la tempête Chido. « On doit continuer à entretenir les rivières, il y’a aussi les travaux des pistes rurales pour faciliter le travail des agriculteurs et améliorer les conditions de travail de nos agents », a-t-elle déclaré. De nombreux projets ont été évoqués touchant aussi aux infrastructures maritimes et à la flotte du département, comme la rénovation des gares maritimes et l’acquisition de nouvelles barges.

Sur le plan financier, elle a précisé que le budget 2026 s’élevait à 776 millions d’euros et que l’excédent dégagé permettrait d’autofinancer une partie des projets. « Dans notre budget de fonctionnement, nous allons dégager un résultat excédentaire autour de 59 millions d’euros, grâce à l’aide de l’État et à la rigueur sur nos dépenses ». Ces fonds seront affectés à l’investissement pour autofinancer les projets. À côté de cela, des financements supplémentaires seront sollicités auprès de l’État et des fonds européens, en fonction des projets.
Soula Said Souffou a appelé à plus de clarté pour les Mahorais, en soulignant la nécessité de distinguer le budget départemental du budget régional et de préciser le calendrier des nouvelles compétences. Il a jugé les excédents limités au regard de la situation du territoire.
Le port de Mayotte au cœur des tensions
Autre dossier sensible, celui concernant le schéma directeur du port de Mayotte. Ali Omar, vice-président chargé des transports, défend une vision à quinze ans. « Aujourd’hui, le quai est saturé. Il nous en faut un troisième, des zones de stockage, des ateliers de maintenance et une extension du périmètre portuaire ».
Une idée partagé par la conseillère départementale du canton de Dzaoudzi Labattoir, Maymounati Moussa Ahamadi pour qui le port de Longoni dépasse largement la seule question des infrastructures. « Le port, c’est notre porte d’entrée dans le monde, notre capacité à exister dans la région », a défendu l’élue. Elle appelle également à anticiper les grands projets économiques régionaux à venir comme le projet gazier de TotalEnergies au Mozambique. « Il va y avoir des entreprises internationales, des navires, on doit prendre part à cette économie. Mayotte doit monter dans le train ! », a-t-elle insisté.

Une lecture que ne partage pas totalement Soula Said Souffou qui a jugé le rapport lacunaire et peu tourné vers l’avenir, oubliant la dimension régionale et certains enjeux économiques.
La création d’un établissement public pour gérer le port a également suscité des débats. Elle a été présentée comme un simple lancement de processus, sans que l’établissement n’exerce tous les métiers du port. Le conseiller départemental du canton de Sada a émis des réserves, estimant que la délibération avançait trop vite et comportait des incohérences juridiques, notamment en ce qui concerne la procédure judiciaire en cours concernant le port de Longoni. Malgré ces réserves, le rapport a été adopté.
Décisions, perspectives et clôture symbolique

Parmi les autres décisions de la séance, certains dossiers ont été adoptés à l’unanimité, notamment celui sur l’égalité homme‑femme au sein de l’Assemblée ainsi que le rapport concernant l’aide à la communauté malgache touchée par les cyclones, suivi d’un rappel de Soula Said Souffou. « Certains Mahorais vivent encore sous des bâches , on doit aider nos voisins mais il ne faut pas oublier les Mahorais ».
Pour l’année 2026, le président Ben Issa Ousseni a réaffirmé sa volonté de développer le tourisme local en invitant les habitants à devenir les touristes de leur propre île.
La plénière s’est finalement clôturée sur une note symbolique et festive de la part des élèves de l’école élémentaire de Bouéni qui ont interprété La Marseillaise, parés de t-shirts bleus, blancs et rouges à l’effigie du drapeau français.
Shanyce MATHIAS ALI


