Lundi 9 février au soir, rue Mandzarsoa à Mtsapéré, les habitants ont cru revivre un scénario de violence urbaine avant de comprendre qu’ils assistaient à un nouvel épisode des défaillances du réseau électrique mahorais. Cris, détonations, odeur de brûlé : en quelques minutes, le quartier s’est retrouvé privé de courant et de certitudes.
Une soirée sous haute tension

La scène a tout d’un film catastrophe. Alors que la soirée s’installait tranquillement à Mtsapéré, des cris stridents de makis résonnent soudain dans la rue Mandzarsoa. Les lémuriens, affolés, galopent sur les fils électriques. Puis viennent les étincelles : de petites explosions jaillissent des câbles, suivies de détonations sèches.
Dans la pénombre, la confusion est totale. Certains habitants redoutent d’abord des affrontements ou des jets de projectiles. Les bruits sont inhabituels. Rapidement, l’odeur de brûlé envahit l’air, quelques habitants fuient leur domicile, des véhicules font demi-tour à la hâte. Le doute n’est plus permis : quelque chose ne va pas. Sur place, les pompiers arrivent les premiers sur les lieux. Avec les forces de l’ordre, ils établissent un périmètre de sécurité autour du poteau électrique en feu.
Coupure, intervention et questions sans réponse

Une vingtaine de minutes plus tard, un agent d’Électricité de Mayotte (EDM) intervient en urgence, en arrivant à toute allure avec son véhicule. Il coupe le circuit électrique, permettant aux pompiers de noyer le poteau enflammé à grands coups de lance à eau. Depuis 20h30, le quartier est plongé dans le noir.
À ce stade, aucune explication officielle n’a été donnée. Surcharge du réseau ? Sabotage ? Impossible de trancher. Mais pour les riverains, l’incident s’inscrit dans une réalité déjà connue. Quelques jours après le cyclone, un employé d’EDM confiait que les dégâts subis par le réseau électrique à Mayotte entraîneraient des coupures importantes pendant des mois, voire des années.


