Madagascar enregistre un signal faible mais suivi de près par les autorités sanitaires régionales : cinq cas de Mpox, ou variole du singe, ont été confirmés mercredi 31 décembre dans la ville de Mahajanga, sur la côte nord-ouest du pays, selon le ministère de la Santé publique. Onze cas suspects sont également en cours d’investigation. Bien que circonscrite à ce stade, la situation interpelle les pays voisins et les départements français de l’océan Indien, comme Mayotte et La Réunion, qui restent attentifs à l’évolution de la maladie.
Madagascar, signal faible mais alerte régionale

Les cas confirmés ont été identifiés dans un quartier du front de mer de Mahajanga, après analyses réalisées par l’Institut Pasteur de Madagascar et le Laboratoire d’Analyses Médicales Malagasy. Quatre patients ont été hospitalisés, leur état s’étant « nettement amélioré » selon les autorités. Les autres ont été placés en isolement pour interrompre les chaînes de transmission.
La variole du singe se transmet par contact étroit avec une personne infectée, que ce soit par la salive, les éternuements ou lors de relations sexuelles. Les symptômes observés incluent fièvre, maux de tête et éruptions cutanées. Le gouvernement malgache vise désormais à circonscrire l’épidémie à Mahajanga, alors que la période des fêtes s’accompagne de rassemblements et de déplacements fréquents, notamment liés au tourisme.
Face à cette situation, des mesures de prévention ont été renforcées : port du masque, lavage des mains, contrôle sanitaire au port et à l’aéroport de Mahajanga, ainsi que sensibilisation de la population aux gestes barrières
Mayotte et La Réunion : deux expériences, une même vigilance

Pour les départements français de l’océan Indien, la recrudescence du Mpox à Madagascar n’est pas un simple fait divers sanitaire. Mayotte et La Réunion partagent avec la Grande île des dynamiques régionales de mobilité humaine et économique qui favorisent la circulation des virus.
À Mayotte, deux cas avaient été confirmés en 2022, tous importés, avec des formes bénignes. Le dispositif de surveillance inclut traçage des contacts, isolement et vaccination ciblée. À La Réunion, plusieurs épisodes sporadiques ont été enregistrés entre 2022 et juin 2024. La stratégie repose sur l’identification rapide des cas, la vaccination des personnes à risque et une surveillance épidémiologique continue.
Aujourd’hui, face aux cas recensés à Mahajanga, les autorités de Mayotte et de La Réunion s’appuient sur des expériences passées pour prévenir plutôt que subir : auto-surveillance, signalement rapide, isolement et vaccination ciblée restent les piliers de la réponse sanitaire. Rien de spectaculaire, mais une mécanique rodée, parfois ingrate, qui reste essentielle dans un contexte régional où les frontières administratives n’empêchent pas la propagation des virus.
Mathilde Hangard



