Coup de tonnerre sur l’économie de l’île : le Medef Mayotte a perdu son droit d’utiliser la marque « Medef ». Dans un courrier officiel adressé à Fahardine Mohamed, élu président en février 2025, la direction nationale pointe des « manquements graves », à la gouvernance, à la transparence financière et à l’éthique. Malgré une feuille de route donnée en juin 2025 pour redresser la situation, aucun progrès significatif n’a été constaté. La sanction tombe : radiation immédiate.
Radiation : le couperet tombe
Le Medef Mayotte, depuis plusieurs mois, vivait sous surveillance rapprochée. Le comité statutaire et d’éthique national avait été saisi à plusieurs reprises pour des manquements jugés graves : gouvernance défaillante, transparence financière insuffisante, représentativité douteuse… Une accumulation de griefs qui ne pardonne pas.
Une feuille de route avait été proposée en juin 2025 pour permettre à la section locale de se remettre en ordre. Mais, selon le courrier signé par Garance Pineau, directrice générale du Medef, « aucun changement substantiel n’a été constaté ». Conséquence : le Conseil exécutif national a décidé le 15 décembre de radier purement et simplement le Medef Mayotte, avec effet immédiat. Résultat : plus de marque, plus de mandats, plus de représentant officiel des entreprises locales.
Une présidence sous tension
Depuis sa nomination en février 2025, Fahardine Mohamed tentait de redresser une structure affaiblie. Mais l’ombre de sa prédécesseure, Carla Baltus, planait encore, et la route était semée d’embûches : crise économique persistante, reconstruction après le cyclone Chido et rivalités internes.
Dans une lettre envoyée aux 130 adhérents, le président déchu exprime son désarroi et dénonce des « propos calomnieux » relayés par ses opposants. Il a engagé un avocat et n’exclut pas de contester la décision devant la justice. Du côté des entrepreneurs, le silence est prudent : inquiétés par la conjoncture économique et la perte de leur représentant officiel, ils scrutent l’avenir avec prudence et un brin de résignation.
Mathilde Hangard


