Depuis le début de l’année, un durcissement des règles liées à la gestion des déchets est observé dans de nombreuses communes françaises. Dans l’Hexagone, certaines municipalités appliquent désormais plus strictement les sanctions prévues par la loi en cas de non-respect des consignes de tri ou de dépôt des ordures. Selon le Code pénal, tout dépôt non conforme est passible d’une amende de 35 euros. Ce montant peut être porté à 75 euros en cas de non-paiement dans les 45 jours, et grimper jusqu’à 750 euros en cas de récidive ou de procédure judiciaire.
Des sanctions renforcées dans l’Hexagone

À Mayotte, le problème est bien présent, mais les moyens pour y faire face restent encore limités. Dans certains villages, les déchets s’accumulent régulièrement sur les trottoirs ou en bord de route. En période de fêtes de fin d’année, la situation se dégrade davantage. Les plages de l’île, très fréquentées pour les célébrations du nouvel an se retrouvent la plupart du temps dans un état préoccupant une fois les festivités terminées, avec des sacs poubelle éventrés et des ordures éparpillées.
Un dispositif ciblé sur cinq plages

Face à ce constat, le syndicat intercommunal de traitement des déchets (Sidevam) a mis en place un dispositif spécifique sur les cinq plages particulièrement fréquentées sur le territoire afin de limiter les dépôts sauvages. « Avec la commune, notamment Bandrélé qui est très en avance sur ces questions, on a convenu de mettre une autre benne pour séparer les emballages des ordures ménagères », nous a expliqué Bacar Mohamed, directeur de cabinet du Sidevam.
L’objectif est clair : permettre aux usagers de trier leurs déchets directement sur place et de les déposer dans les bennes mises à disposition. Cet aménagement est déployé sur les sites suivants : la plage des Badamiers en Petite-Terre, la plage Jiva à M’tsamboro, Tahiti plage à Sada, Mastara à Mzouazia et Musical plage à Bandrélé. « On n’a pas suffisamment de moyens pour équiper toutes les plages, et la problématique se pose surtout sur celles qui sont les plus fréquentées », a-t-il néanmoins précisé. Le dispositif, mis en place pour les fêtes sera retiré dès le 5 janvier prochain.
En revanche, aucune sanction spécifique n’est prévue en cas de non-respect des consignes : « Nous n’avons pas la compétence pour verbaliser. Notre mission, c’est la collecte. La verbalisation relève des communes et des mairies ». Il indique toutefois que cette question revient régulièrement lors des échanges et des réunions entre les différents acteurs. « On voit bien que partout ailleurs en France, dès que les sanctions sont appliquées de manière ferme les comportements changent. Pour l’instant, ce n’est pas mis en place et on ne sait pas quand ça le sera », a-t-il exprimé.
Sur le terrain, des dispositifs jugés insuffisants

Sur la plage des Badamiers, à Labattoir, une benne à ordures avait déjà commencé à se remplir dès la matinée du réveillon de la Saint-Sylvestre. Une dizaine de petites poubelles en fer, équipées de sacs, ainsi que des collecteurs pour le tri sélectif, ont également été installés sur le site. Une éducatrice présente sur place avec des enfants a souligné les comportements contrastés des usagers : « Il y aura des gens qui nettoieront derrière eux, mais ce ne sera pas le cas de tout le monde ».
Selon elle, les équipements présents ne suffiront pas à absorber l’ensemble des déchets produits, la riveraine regrette notamment qu’un seul réceptacle soit installé, et mal positionné. « Il aurait fallu en mettre plusieurs à différents endroits pour éviter que certains le trouvent trop loin et laissent leurs déchets par terre ». Elle a toutefois salué l’intervention des agents municipaux, présents dans la matinée pour assurer le nettoyage.

Non loin de là, un groupe de jeunes partage le même constat à l’approche du Nouvel An : « Il y aura forcément plus de monde et donc plus de déchets cette année », rappellent-ils, soulignant que les célébrations avaient été plus modestes l’an dernier. Pour eux, la benne installée ne suffira pas. Ils ont donc anticipé en apportant leurs propres sacs-poubelle pour ramasser leurs déchets. « Tout le monde devrait faire pareil, mais malheureusement ce ne sera pas le cas », déplorent-ils. Pour le SIDEVAM, le message va au-delà de la seule logistique. « Ce n’est pas seulement pour faciliter notre travail, c’est une question environnementale et de santé publique », a insisté Bacar Mohamed.
Shanyce MATHIAS ALI.


