Sécurité maritime régionale : une réflexion de quatre jours est prévue au Kenya

La Commission de l’océan Indien, l'Union européenne, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, l'Organisation maritime internationale et INTERPOL souhaitent mettre en place des mécanismes communs de lutte contre les trafics de toutes sortes en harmonisant leurs interventions respectives.

Une réflexion sur la sécurité maritime en Afrique orientale et australe et dans la zone océan Indien démarre ce mardi 2 décembre, à Nairobi au Kenya. L’annonce a été faite, via un communiqué, par la Commission de l’océan Indien (COI). « Cette semaine de haut niveau, qui se tiendra du 2 au 5 décembre 2025, réunira les comités de pilotage du programme « Safe Seas for Africa » financé par l’UE, du programme « Red Sea » et du programme « Port Security & Safety of Navigation » », indique le communiqué.

La mutualisation des compétences et la coordination des interventions

La zone qui s’étend sur une vaste étendue maritime jusqu’au Golfe d’Aden avec des ramifications complexes est aujourd’hui en proie à des actes multiformes dont les trafics de migrants et de drogue. Si des structures interétatiques ont été créées pour jouer des missions de répression, l’efficacité de la lutte contre ces phénomènes laisse toujours à désirer. La mutualisation des compétences et la coordination des interventions sont aujourd’hui au cœur des enjeux exprimés par les organisateurs de cette semaine sur la sécurité maritime.

Un arraisonnement d’une vedette de trafiquants somaliens près du Golfe d’Aden

« Cet événement offre une occasion opportune d’éviter les doubles emplois, de maximiser l’impact et de renforcer l’appropriation conjointe des résultats », justifie la COI dans son communiqué qui ajoute que « les trafics illicites et la navigation dangereuse restent interdépendantes et transnationales » et que « la semaine régionale de la sécurité maritime de l’UE servira donc de plateforme pour le partage d’expériences, le dialogue stratégique et l’action commune, favorisant ainsi un domaine maritime plus sûr et plus sécurisé pour tous ».

Le communiqué de la COI a dévoilé les acteurs de l’évènement, citant l’Union européenne (UE), la République du Kenya, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la Commission de l’océan Indien (COI), l’Organisation maritime internationale (OMI) et INTERPOL. La rencontre est considérée comme « une étape stratégique vers la garantie d’une synergie, d’une complémentarité et d’une approche unifiée en matière de sécurité maritime dans les principaux bassins maritimes d’Afrique ».

« Des infrastructures résilientes et des partenariats mutuellement avantageux »

La sécurité maritime est devenue un enjeu majeur pour les pays limitrophes du Canal du Mozambique qui aspirent à neutraliser et à couper les routes des trafics ou, à défaut, mieux les contrôler pour déployer les moyens de lutte appropriés. Armes, drogue, braconnage, migrants et trafics d’organes sont dans le viseur de nombreux programmes mis en place par la COI grâce aux financements de l’Union européenne, l’Agence française de développement (AFD) et d’autres bailleurs avec l’expertise d’organisations internationales.

« Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’UE, qui favorise une connectivité durable, des infrastructures résilientes et des partenariats mutuellement avantageux. Un environnement maritime sûr est essentiel au commerce, à la prospérité et à la viabilité à long terme de l’Afrique », indique encore le communiqué qui renchérit en affirmant qu’en soutenant cette initiative, l’Union européenne espère faire émerger une « perspective d’échanges fructueux et d’une collaboration renforcée avec ses partenaires afin d’élaborer une réponse coordonnée face aux défis liés à la sécurité maritime dans toute la région ».

A.S.Kemba

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