Plus de huit mois après le passage dévastateur du cyclone Chido, le tourisme à Mayotte peine à redresser la barre. Début janvier 2025, 67 % des établissements étaient fermés et 68 % du bâti touristique hors d’usage. Après des réouvertures sporadiques en février et mars, la dynamique s’est essoufflée. En juillet, certains établissements ont même décidé de fermer face à la chute d’activité, laissant les professionnels inquiets pour la saison à venir.
Une fréquentation en berne
Selon l’enquête de conjoncture de l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte (AaDTM), 79 % des structures étaient totalement ou partiellement ouvertes en juillet, marquant un ralentissement de la reprise après Chido.
Pour 66 % des professionnels, la fréquentation a été inférieure à celle de juillet 2024, avec une baisse particulièrement sévère pour les prestataires d’activités (84 %) et dans le Sud de l’île (75 %). Le niveau de réservations pour les mois d’août et de septembre 2025 reste faible, traduisant une inquiétude persistante pour la saison touristique.
Des assurances toujours attendues
La clientèle reste majoritairement locale (32 %), suivie par les visiteurs de France métropolitaine (29 %) et de La Réunion (24 %). Plus de la moitié des visiteurs sont des clients affinitaires (51 %), loin devant les voyageurs d’affaires (33 %) et de loisirs (12 %). Les opérateurs notent une forte baisse de la clientèle réunionnaise (71 %) par rapport à juillet 2024.
Le ressenti des professionnels est amer : malgré la reprise initiale après Chido, le faible niveau d’activité pendant les vacances scolaires est difficile à encaisser, aggravé par le fait que de nombreux prestataires attendent encore des réponses de leurs assurances, sept mois après le cyclone.