« Le fait que le Conseil constitutionnel ait validé cette loi organique est une excellente chose »

Alors que la loi de programmation pour la refondation de Mayotte ainsi que la loi organique ont été promulguées ce mardi 12 août, nous avons pu contacter le ministre Thani Mohamed Soilihi sur le sujet sensible de l’évolution institutionnelle qu’il avait porté en son temps…

2016, à l’époque sénateur, Thani Mohamed Soilihi avait alors fait 2 propositions de loi sur la clarification du statut de Mayotte en lien avec les présidents du Département de l’époque Daniel Zaidani puis Soibahadine Ibrahim Ramadani : une proposition de loi organique, et une autre ordinaire. « Depuis la départementalisation en 2011 Mayotte a eu un statut spécial, elle est devenue la première collectivité unique. Cependant par la suite tout sera organisé sous le seul mode départemental. Pourtant, la nouveauté c’était que cette seule collectivité héritait désormais de 2 compétences… On a alors fonctionné quasi-exclusivement en mode départemental, avec des lacunes, alors que la logique aurait voulu que l’on fonctionne en mode régional, incluant en son sein un volet départemental », nous explique Thani Mohamed Soilihi.

La promulgation de la loi organique sur le statut de département-région : un changement majeur pour Mayotte

Le mode de scrutin pour élire les élus de la nouvelle assemblée va changer

En tout premier lieu le mode de scrutin pour élire les élus de la nouvelle assemblée va changer. Ce ne sera plus un binôme par canton mais des listes pour toute Mayotte comme aux élections municipales ou régionales en métropole. « L’élection des représentants se fera sous la base de listes avec 52 noms maximum. La liste qui l’emportera sera celle qui aura soumis le meilleur projet à tous les électeurs de Mayotte et non canton par canton comme c’est le cas actuellement. Ce sera donc un projet partagé pour l’avenir de Mayotte », poursuit l’ancien sénateur. 

Les cantons vont ainsi disparaître pour laisser place à 13 sections. Il y aura entre 2 et 4 élus, avec un minimum de 2 élus par section en fonction de la démographie. Sans compter que les villages pourront ainsi continuer à donner leur avis, excluant ainsi, selon Thani Mohamed Soilihi « l’hyper favorisation de certaines zones au détriment d’autres zones. Le fait que le Conseil constitutionnel ait validé cette loi organique est une excellente chose. Grâce à ce mode de scrutin il y aura un projet pour chaque liste et ce sera le meilleur projet qui sera élu par les habitants », se félicite-t-il

52 élus vont siéger au sein de la nouvelle assemblée (illustration)

Mais ce n’est pas tout car ce ne sont plus 26 élus qui siègeront au sein de cette nouvelle assemblée mais 52. « Nous étions le territoire le plus sous représenté…ça va mieux fonctionner. De plus, il y aura aussi une meilleure représentativité ». Quant aux sceptiques sur ce changement, l’ancien sénateur estime qu’il faut dorénavant préparer l’avenir de l’île et renouveler la classe politique. « Il faut laisser aux jeunes le choix de leur destin. Place aux nouvelles idées, aux nouvelles suggestions ! Pour moi c’est une excellente chose qu’il y ait davantage d’élus et la parité sera respectée. C’est un motif d’espoir. La population sera gagnante ».

De plus, selon lui, cela amènera une véritable et saine concurrence « liste contre liste. Projet contre projet. Les élus auront des comptes à rendre. Grâce à ce processus cela permettra d’aller plus vite et avec plus de cohérence. Le projet sera choisi par la population, il sera soumis aux votes des habitants. On va enfin fonctionner comme les autres régions et faciliter ainsi le développement économique du territoire et offrir une plus grande visibilité avec un cap bien défini. Pour moi, c’est une réforme majeure de ces dernières décennies. On prépare l’avenir pour une Mayotte qui va briller de plus en plus et prendre de l’importance », conclut Thani Mohamed Soilihi.

B.J.

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