L’AFD et le Sidevam s’engagent pour accélérer la collecte des déchets

Avec la signature de trois conventions : un prêt long terme et deux conventions de préfinancement, d'un montant global de 7 millions d'euros, le Sidevam et l'AFD souhaitent accélérer la gestion des déchets. Une nécessité quatre mois après le passage de Chido en raison du risque de pollution des sols et de prolifération des maladies.

« Ce mercredi 23 avril, le directeur de l’Agence Française de Développement (AFD) à Mayotte, Ivan Postel-Vinay, et le président du Sidevam 976, Houssamoudine Abdallah, ont signé plusieurs conventions de financement, d’un total de 7 millions d’euros, pour accélérer le rythme de la collecte de déchets ménagers à Mayotte, quatre mois après le passage du cyclone Chido », indique l’AFD dans un communiqué.

Il s’agit d’une convention de prêt long terme et de deux conventions de préfinancement de subvention. Le prêt long terme, d’un montant de 5 millions d’euros vise à financer partiellement le programme pluriannuel d’investissement du Sidevam. Les préfinancements sont respectivement attribués pour l’opération de construction du pôle logistique de Dzoumogné et la mise en place de 500 nouveaux points de collecte des déchets ménagers sur le territoire. « Plusieurs projets structurants pour Mayotte bénéficieront de ce financement, à commencer par l’aménagement des points de collecte, l’élargissement du parc de bacs ou encore les futures déchèteries de Tsararano et Longoni », précise l’AFD.

Une situation toujours urgente

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La zone-tampon de Mtsapéré et ses nombreux déchets fait désormais partie du quotidien des habitants, malgré les risques sanitaires

« Partenaire de l’AFD depuis sa création, le Sidevam s’est engagé dans un ambitieux programme d’investissement pour contribuer à la mise à niveau des infrastructures de collecte et faire face à l’augmentation rapide de la production de déchets », explique l’AFD. « Avec plusieurs dizaines de milliers de tonnes de déchets produits, le passage du cyclone Chido a fortement déstabilisé le service public de gestion des déchets sur le territoire. L’obstruction des voiries, la dégradation des véhicules de collecte et l’inondation du centre d’enfouissement ont rendu impossible toute gestion des déchets pendant plusieurs jours ».

« Au fil des semaines, près de 60 « zones tampon » ont été établies pour rassembler les déchets et procéder à un pré-tri, en vue de leur acheminement vers le nouveau casier d’enfouissement des déchets de Dzoumogné, inauguré le 1er mars. L’enlèvement des ordures ménagères représente un enjeu majeur pour le Sidevam en raison du risque accru de prolifération des maladies (chikungunya notamment) et de pollution des sols », constate l’AFD. « Quatre mois après le passage du cyclone, toutes les zones tampon ne sont pas encore résorbées, l’urgence reste grande mais la situation tend peu à peu à se normaliser et les initiatives de mise à niveau des infrastructures de collecte reprennent ».

Des aides précieuses pour le Sidevam

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Le directeur général des services du Sidevam, Chanoor Cassam, face au ministre des Outre-mer, Manuel Valls à Mtsapéré, le 8 avril

Des aides financières bienvenue pour le Sidevam. Le 8 avril dernier, Chanoor Cassam, directeur général des services au Sidevam, appelait le Ministre des Outre-mer, Manuel Valls, en visite à Mayotte, a accélérer les délais pour le versement d’une aide financière. « On a trop de déchets à récupérer mais pas assez de moyens », expliquait Chanoor Cassam. « Le problème c’est que les entreprises qui travaillent avec nous ne sont pas payées depuis quatre mois faute de budget », ajoutait Issoufa Mohamed Mroudjae, vice-président du Sidevam, face à une situation difficile. « On commence à entendre les menaces d’arrêt de travail et on les comprend. Ces entreprises emploient des gens qui sont aussi touchés par le cyclone et qui ont besoin d’être payés ».

Le cyclone Chido a engendré 6.000 tonnes de déchets, sur ce total : 3.000 tonnes sont en train d’être acheminées sur le site d’Hajangua pour être brûlées, tandis que les 3.000 autres sont en cours de dépôt au centre d’enfouissement de déchets de Dzoumogné. Un travail colossal, qui s’ajoute au traitement des 400 tonnes de déchets produits chaque jour à Mayotte.

Victor Diwisch

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