Date de début du Ramadan : pas de choix à géométrie variable implore le Ré-MaA

Comme chaque année, certains fidèles entament le mois de jeûne le même jour que l’Arabie Saoudite, où plusieurs Mahorais sont partis en pèlerinage, quand d’autres répondent à l’appel du Grand Cadi de Mayotte qui suit la méthode traditionnelle de l’observation de la lune. Mais cette dernière n’apparaissant pas simultanément en fonction des zones habitées dans les hémisphères Nord et Sud, un flottement de 24 heures est habituel.

Nous avions résumé ce décalage dans un article « la Lune ou le boulier », d’un côté les partisans de l’observation de notre astre, de l’autre ceux du calendrier. Les premiers débutant le Ramadan avec une journée de retard sur les seconds. Chaque année, ce jour d’écart divise quelques fidèles les premiers jours, ensuite, chacun se concentre sur un quotidien modifié par les périodes de jeûnes et d’abstinence.

Et 2025 ne déroge pas à la règle avec une évolution : l’accusation proférée par le Collectif Résistance Réunion Mayotte en Action à l’encontre des élus mahorais de laisser-faire, en laissant une partie de la population céder aux injonctions non plus directement du pays de M.B.S (Mohammed ben Salmane), mais par l’intermédiaire des Comores et notamment l’association “Wuzuri wa Dini”. Il est même évoqué un « chaos religieux ».

La légitimité du Grand-Cadi dans la balance

Minaret,
Les minarets sont priés de s’aligner

Pour le collectif Ré-MaA, seul le Grand Cadi doit faire foi… « Mayotte repose sur un cadre institutionnel clair. Le Conseil Cadial est l’unique autorité religieuse légitime, reconnue par l’État ainsi que par les institutions publiques et religieuses. Il est seul habilité à fixer le début et la fin du Ramadan, conformément aux règles de l’Islam et à la tradition locale ».

Or, comme notre journal l’a rapporté, les autorités religieuses et politiques comoriennes ont annoncé un « plan d’aide au profit des mosquées et des madrasas de Mayotte » détruites par le cyclone Chido. Il n’en fallait pas plus pour craindre une mainmise des îles voisines sur le fait religieux, « tout le monde est au courant que des mosquées comoriennes sont installées à Mayotte comme à Labattoir avec comme exemple ‘la mosquée des Grands comoriens’ ou encore de ‘Ouani’ ville comorienne », rapporte encore le collectif.

Qui met en garde « soit nous défendons notre unité, nos institutions et notre souveraineté religieuse, soit nous laissons des groupes minoritaires, dont les méthodes rappellent celles des mouvements islamistes, nous diviser et nous soumettre à des influences extérieures ».

Dans un courrier aux élus, président du Conseil départemental et maires, aux autorités religieuses, au ministre de l’Intérieur pour sa casquette de responsable du Bureau central des cultes, et aux préfet et parlementaires, le collectif appelle à des sanctions contre toute adoption d’un autre calendrier fourni par le conseil cadial de Mayotte, avec fermeture administrative des mosquées contestataires, une surveillance accrue du phénomène, et la dissolution de l’association « Wuzuri wa Dini ».

Puisque la période est à la prière, citons un extrait du Livre sacré de l’islam, « Le mois de Ramadan est celui au cours duquel le Coran a été révélé pour guider les hommes dans la bonne direction et leur permettre de distinguer la Vérité de l’erreur. Quiconque parmi vous aura pris connaissance de ce mois devra commencer le jeûne… » (Coran, al-Baqara, 2 : 185)

Anne Perzo-Lafond

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