Après avoir découvert dans la presse, le contenu de la lettre de mission adressée au Général Pascal Facon, préfigurateur de l’établissement public chargé de coordonner la reconstruction de Mayotte, le sénateur Saïd Omar Oili a exprimé son vif mécontentement. Datée du 18 février, cette lettre de mission du ministre d’État, Manuel Valls, adressée au général Facon, surprend particulièrement le sénateur quant à son contenu et son manque d’intégration des élus locaux dans la reconstruction de l’archipel après le passage du cyclone Chido.
Les élus ignorés ?
La lettre de mission mentionne que le Général Facon devra, dans ses différentes phases de mission, collaborer avec des interlocuteurs locaux. Cependant, le sénateur relève une incohérence : malgré les déclarations répétées de Manuel Valls, qui insistait sur la place primordiale des élus dans la reconstruction, la lettre de mission semblerait sous-estimer leur implication directe. En effet, si les élus sont mentionnés comme interlocuteurs, le sénateur note que la formule est vague et que leur rôle crucial n’est pas explicitement valorisé. Plus encore, la phrase de conclusion de la lettre indique que la priorité devrait être donnée aux élus, mais ne semble pas leur accorder une réelle place décisionnelle.
Le sénateur reste prêt à coopérer
Bien que déçu par ce manque de reconnaissance pour les représentants locaux, le sénateur Oili reste cependant disposé à contribuer activement à la reconstruction de Mayotte, comme souhaitée par le ministre d’Etat. Dans un esprit de coopération, il a transmis, le 26 février, une réponse au ministre. Plusieurs élus, dont la députée Anchya Bamana et le Président de l’association des Maires de Mayotte, ont également réagi à cette situation. La demande de transmission du premier rapport de la mission inter-inspections devient encore plus pressante à la lumière de cette lettre, qui évoque les travaux de cette mission, réalisés en décembre 2024.
Mathilde Hangard