C’est devant les grilles de la préfecture que, sûrs de leur bon droit, les membres du Collectif qui bloquent le service des étrangers, ont manifesté leur colère. En cause, la poursuite de la délivrance de titres de séjour territorialisés.

Nouvelle manifestation du collectif de Safina Soula contre les régularisations

C’est devant les grilles de la préfecture que, sûrs de leur bon droit, les membres du Collectif qui bloquent le service des étrangers, ont manifesté leur colère. En cause, la poursuite de la délivrance de titres de séjour territorialisés.

<p style="text-align: justify;">Rebelote pour le collectif de Safina Soula qui bloque depuis lundi le service des étrangers de la préfecture en représailles à l’agression filmée d’une famille dans son véhicule ce week-end. C’est en réalité un prétexte supplémentaire car ses membres repartent au créneau pour demander l’arrêt de la délivrance des titres de séjour qu’ils considèrent comme étant un vrai appel d’air depuis les Comores. Et alors même que lorsque cet argument d’appel d’air est avancé par l’Etat pour ne pas aligner les prestations et les cotisations sociales, dont les retraites à 50% de la métropole, l’accélération de la convergence est systématiquement repoussée.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui a poussé une nouvelle fois le collectif à barrer l’accès du service des étrangers, et à manifester devant les grilles de la préfecture. L’intervention de la police nationale a été mal perçue dans ses modalités, avec une bousculade qui s’en est suivie, « un des cadres de police a été très agressif », se plaint-elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que les revendications sont montées d’un cran, « nous demandons le départ de Sabry Hani qui en tant que Secrétaire général est en charge du service des étrangers. Alors que le nouveau ministre de l’Intérieur a donné des instructions pour que la politique change, il continue à régulariser que ce soit pour les premières demandes ou les renouvellements ». Les policiers sont alors intervenus pour démonter les banderoles nominatives.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des annonces ministérielles repoussées</strong></p>

<a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2024/10/Police-demonte-banderoelle.jpeg"><img class="wp-image-49791 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2024/10/Police-demonte-banderoelle-208×300.jpeg" alt="" width="208" height="300" /></a> Bousculades quand les policiers ont tenté de démonté les banderoles nominatives
<p style="text-align: justify;">Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur avait assuré vouloir aboutir à la levée de la territorialisation des titres de séjour qui empêche leurs détenteurs de sortir de Mayotte. Ceci après que le droit du sol a été levé à Mayotte. « Le gouvernement proposera de refondre totalement le droit des étrangers à Mayotte pour baisser drastiquement le nombre de titres », <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2024/02/16/titres-de-sejour-larme-fatale/#:~:text=Avec%20un%20constat%20%3A%20avec%20plus,’air%2C%20il%20est%20l%C3%A0">avait-il déclaré</a>. En 2021, 35.000 titres de séjour avaient été délivrés, en renouvellement et 1<sup>ère</sup> demande. Mais la dissolution de l’Assemblée nationale a repoussé la rédaction de la loi Mayotte qui intégrait ces annonces.</p>
<p style="text-align: justify;">En réaction au blocage actuel, le préfet avait indiqué sur les ondes de Mayotte la 1<sup>ère</sup> qu’il ne pouvait pas faire fonctionner l’expulsion des étrangers.</p>
<p style="text-align: justify;">Safina Soula se plaint de ne pouvoir poursuivre les opérations engagées avec Frédéric Sautron, sous-préfet en charge de la Lutte contre l’Immigration Clandestine (LIC), « un travail remarquable », nous explique-t-elle : « Il avait mis en place un repérage systématique des fausses attestations d’hébergement qui permettent aux étrangers fraîchement arrivés de construire leurs cases en tôle en toute impunité. Et nous n’arrivons plus à avoir de contact avec le sous-préfet, alors que l’effort ne doit pas mollir. »</p>
<p style="text-align: justify;">Anne Perzo-Lafond</p>

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