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mardi 16 avril 2024
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Nicolas Bay : « Il faut stopper les pompes aspirantes de services publics gratuits »

Vice-président du parti Reconquête, celui qui est aussi député européen était venu à Mayotte en 2014. Eu égard à ses positions politiques, nous ne sommes pas surpris d’entendre Nicolas Bay demander l’état d’urgence migratoire pour Mayotte. Il s’en explique dans le JDM.

Ancien FN, puis Rassemblement national, Nicolas Bay était à Mayotte pour trois jours. Il est depuis l’année dernière, vice-président exécutif du parti Reconquête d’Eric Zemmour.

Alors que se profilent les élections européennes en juin 2024, c’est sur un territoire qui a massivement voté pour Marine Le Pen mais où le parti RN est peu représenté que l’eurodéputé non–inscrit (sans groupe politique) Nicolas Bay a atterri ce jeudi 18 mai. Il a rencontré le député LR Mansour Kamardine, les collectifs de citoyens et s’est rendu au Centre de Rétention Administrative.

Vous avez chois d’arriver en pleine opération menée par le ministre de l’Intérieur sur un département sous pression de flux migratoires.

Nicolas Bay : Je suis venu pour cette actualité, pour dire ma solidarité avec les Mahoraises et les Mahorais. La situation est intenable, avec une saturation totale des services publics sous dimensionnés, des écoles et des collèges en raison du chaos migratoire. Le parti Reconquête d’Eric Zemmour veut répondre à une crainte, le grand remplacement, notamment par la remigration. Nous y sommes à Mayotte avec une population étrangère aussi nombreuse que les mahorais. Ces derniers sont dépossédés de leurs richesses. Il faut donc que tous ceux qui se sont maintenus illégalement sur le territoire soient raccompagnés à la frontière et soient dissuadés de revenir.

Nicolas Bay : « Cette opération Wuambushu aurait dû être mieux préparée »

Justement, il est de notoriété publique qu’environ 50% des reconduits reviennent sur l’île.

Nicolas Bay : Je suis d’accord pour dire que c’est compliqué de sécuriser un bras de mer, frontière entre deux pays. Mais pour être efficace dans la lutte contre l’immigration clandestine, cette opération menée par le ministre de l’Intérieur, sur décision d’Emmanuel Macron, aurait du être mieux préparée. Pour anticiper les guérillas juridiques notamment sur des opérations qui ont commencé par être annulées, pour mener un bras de fer diplomatique avec les Comores ensuite et stopper les flux migratoires. Alors que l’Europe verse à ce pays 50 millions d’euros par an, que la France a signé un chèque de 150 millions d’euros, on se fait insulter sur le parvis de l’Elysée par un président Azali qui explique que Mayotte est Comorienne. En réponse au refus d’accepter les ressortissants comoriens, il faut supprimer les visas en France métropolitaine et menacer d’un moratoire sur les aides financières.

(Nous sommes interrompu par un sympathisant surpris de rencontrer le député européen, « je suis heureux de vous voir ici, j’apprécie vos prises de positions »)

En réalité, les reconduites à la frontière et les démolitions d’habitat insalubre étaient menées sans trop d’encombre avant qu’elles ne soient politisées sous l’appellation Wuambushu au moment où devait être présentée la loi Immigration. Par contre, le territoire sombre sous la délinquance. Que pensez-vous du contexte ?

Nicolas Bay : La com’ n’est pas mauvaise en soi, mais là, il n’y a que ça. Gérald Darmanin aurait du prendre des précaution en amont avant de lancer l’opération, mais on assiste à une promotion du ministre de l’Intérieur. Emmanuel Macron a permis à Azali d’être président de l’Union Africaine, le minimum à exiger en retour, c’est d’être respecté. Nous devons jeter les bases d’une coopération équitable entre la France et les Comores.

Rencontre avec les représentants des collectifs

Comment expliquez vous que la France ait l’ambition de négocier avec le président Poutine, en défendant l’Ukraine, et qu’il n’y ait pas la même démarche avec le président Azali ? Pourtant, les configurations géopolitiques d’imbrication des peuples sont semblables.

Nicolas Bay : C’est compliqué de connaître les vraies motivations, mais l’Etat français n’a jamais assumé sa mission à Mayotte. Le territoire est français depuis 1841 et a réaffirmé le souhait de le rester en 1975.Il fallait alors mener des investissements massifs dans les infrastructures économiques et touristiques, or, cela n’a jamais été fait. Les président successifs se sont donc dit en substance, « puisque mes prédécesseurs n’ont pas assumé leurs responsabilités, moi non plus ».
Mayotte peut avoir un vrai rayonnement, de par son patrimoine naturel exceptionnel, mais aussi, sur les enjeux d’hydrocarbure dans le canal du Mozambique. Mais maintenant, c’est plus compliqué avec la délinquance et la criminalité.

Le contexte mahorais est-il précurseur de ce qu’il pourrait advenir en métropole ?

Nicolas Bay : Ce qui arrive aux mahorais aujourd’hui, où en Guyane touchée par une immigration hors contrôle du Surinam et du Brésil, répond à la présence de pompes spirantes qu’il faut stopper. Je réclame la mise en place de l’état d’urgence migratoire à Mayotte. S’il est compliqué de contrôler les frontières, les avantages qu’offre la France sur nos territoires, d’école et de soins gratuits, doublé de laxisme de titres de séjour que l’on délivre pour transformer l’immigration clandestine en légale et sous-estimer la part de la population étrangère, doit cesser. Il faut que celui qui entre illégalement n’ait jamais la possibilité d’être régularisé et soit expulsé.

Echanges avec Mansour Kamardine notamment autour du thème « du grand remplacement »

Et pourtant nous avons un droit du sol plus restrictif.

Nicolas Bay : Il faut stopper les pompes aspirantes de services publics gratuits, car ce sont les mahorais qui en sont privés. Un étranger clandestin ne peut pas bénéficier des services publics de la même façon qu’un mahorais.

Concrètement, c’est impossible de demander à un médecin de différencier les soins en fonction de la situation administrative.

Nicolas Bay : En effet, mais nous devons entamer un bras de fer avec les Comores en exigeant que les dizaines de millions qu’on leur alloue soient dépensés au bénéfice de leur population, dans leurs services publics. Les coûts de la lutte contre l’immigration clandestine sont exorbitants, ils seraient plus intelligemment dépensés aux Comores avec des garanties fermes en contrepartie. J’étais venu à Mayotte en 2014, je peux vous dire que l’exaspération est décuplée.

Propos recueillis par Anne Perzo-Lafond

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