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mercredi 21 février 2024
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La parentalité, choc des cultures à Mayotte, en débat au Sénat

Dans le cadre de l’étude de la parentalité Outre-mer par les deux Délégations sénatoriales, celle aux droits des femmes et celle aux outre-mer, une matinée était dédiée à Mayotte. Plusieurs intervenants de l’île étaient appelés à répondre à diverses questions pour enrichir un rapport sur la question.

Zaïnaba Ahmed Haroussi, pour les CEMEA de Mayotte, Philippe Fery, qui a succédé à Ymane Alihamidi Chanfi à la direction de la CSSM, accompagné de Rémy Posteau, directeur des prestations, et Moissoukari Madi, responsable du secteur action sociale, Rafza Youssouf Ali et Ali Souf, délégué des parents d’élèves de l’UDCSF, Tony Mohamed, Espoir et Réussite et son directeur Idam Ahmed, et Ali Nizary avec Enrafati Djihadi, pour l’UDAF. Le conseil départemental n’a apparemment pas été convié, notamment sa directrice de l’Observatoire de l’enfance.

La rapporteure Victoire Jasmin revenait sur la situation « très particulière » de Mayotte, le plus jeune et le plus pauvre des départements français. Sur le thème qui nous intéresse, une moitié de population mineure et une moitié des familles formée de plus de 3 enfants mineurs, s’accompagnent d’un quart des femmes de 20-54 ans se retrouvant mères isolées, dont plus de 80% vivent grande précarité. Le rapport des 6 ministères révélé par Médiapart s’est invité au débat, « Nous avons demandé ce rapport à la Première ministre, qui complète ce constat en évoquant des milliers enfants mineurs vivant sans leurs parents, en situation de grande précarité alimentaire et sanitaire. »

Deux délégations sénatoriales à l’écoute des problèmes de parentalité à Mayotte

Sur le plan transversal, s’il y avait quelque chose à retenir, c’est le choc des civilisations, avec un mode de vie européen peu à peu absorbé par la population mahoraise sur place, avec ses bon et ses mauvais côtés, mais dont est très éloignée la population migrante en provenance des Comores. Tony Mohamed se référait à une statistique, « 34% des migrants à Mayotte sont des femmes de 15 à 24 ans, donc en âge de procréer, qui arrivent sur un marché matrimonial ». Une fois enceinte, leur statut s’écarte de la culture traditionnelle sur place, comme l’explique le directeur d’Espoir et Réussite : « la matrilocalité et le matriarcat donne naturellement une place prépondérante à la femme à Mayotte, avec une présence passive du père, alors que la mère a l’appui et le soutien de la famille et des institutions communautaires, comme le shioni ou la madrassa qui participe à l’éducation de l’enfant. Quand la maman arrive de l’extérieur, il lui manque ces appuis. » Le « nomadisme » du père, pour ne pas lâcher le mot « polygamie », aggrave la situation. Il expliquait qu’un travail sur cette notion de solidarité aurait permis « d’encaisser le choc », « surtout qu’en métropole maintenant, on entend parler de solidarité communautaire, chose que nous pratiquions déjà ».

Quand l’appel d’air fait flop

Et pour les mères mahoraises qui se retrouvent dans cette situation de précarité et d’isolement à la suite d’une séparation d’avec le papa, les allocations familiales ne sont pas là pour épauler. Les associations étaient interrogées sur le risque « d’appel d’air » de davantage d’arrivées depuis les Comores en cas d’alignement des prestations sur la métropole, invoqué par les instance parisienne. Pour Enrafati Djihadi, « un alignement sur le droit commun ne peut pas créer d’appel d’air puisqu’il y a des critères d’éligibilité. Et pour les familles dont le mari, absent, touche une faible retraite, cela permettrait aux femmes d’avoir une allocation qui mettrait les enfants en sécurité alimentaire. »

Tony Mohamed mettait l’accent sur l’évolution vers le mode de vie européen

Ça commence à se savoir, Mayotte est un territoire en développement, « et à ce titre, nous avons besoin de moyens extra-ordinaires un peu comme l’Hexagone dans les années 50, avec des modes d’intervention originaux pour capter des populations qui parlent mal ou pas français. Il faut mettre en place des Centres sociaux », rapportait Philippe Fleury.

Si la CSSM accompagne fortement les associations, ce n’est pas suffisant, « elles ont du mal à trouver des cofinancements ailleurs ce qui crée un for turn-over chez elles ». Et alors même que ce sont elles qui assurent la cohésion sociale quand celle-ci fait défaut. Espoir et réussite indiquait que bien que très aidée par la Sécurité sociale, l’Etat et les collectivités, une convention pluriannuelle lui permettrait de pérenniser ses contrats et ses actions.

De nombreux autres points ont été abordés, mais le peu de temps n’a pas permis de tout cerner. Présent, le sénateur Thani Mohamed Soilihi invitait donc les intervenants à remplir le questionnaire fourni, « pour que le compte rendu de cette rencontre soit complet ».
A.P-L.

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