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samedi 28 janvier 2023
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Action-Injection ! Top départ de la campagne de vaccination en milieu scolaire

C’est en ce début d’après-midi du lundi 23 janvier, au sein du collège K1 de Mamoudzou que la campagne de rattrapage vaccinal, menée conjointement par les équipes de l’ARS et du rectorat de l’académie de Mayotte, a pris effet dans une ambiance à la fois studieuse et riche d’émulation. 

C’est par rotation de groupes d’une dizaine d’élèves que la petite salle à l’entrée de l’établissement scolaire de Kawéni se voit très vite remplie, dans une indéniable organisation millimétrée où se côtoient réservistes et médiateurs sanitaires, futurs vaccinés et organisateurs de cette vaste campagne de rattrapage vaccinal en milieu scolaire.
Enjeu majeur au regard d’une priorité sanitaire nationale et internationale 
Parti d’un constat alarmant officiellement évoqué en novembre dernier par Olivier Brahic — directeur de l’ARS Mayotte — la couverture vaccinale sur notre île est des plus discutables notamment auprès des enfants de six ans et plus, mettant ainsi en danger directe l’espérance de vie de ces derniers face à une immunité individuelle, et donc collective, fragile en un territoire insulaire soumis quasi quotidiennement à des flux migratoires représentant aussi des risques sanitaires en cette partie Monde. « Lorsque l’on rapporte une augmentation des cas de diphtérie et de tétanos qui ne se voit nul part ailleurs, on comprend l’urgence » déclare Dr. Jean Maxime, médecin infectiologue en charge de l’organisation et de la gestion globale de cette opération. Ainsi, à effet immédiat, l’objectif énoncé se cible notamment sur le rattrapage vaccinal caduc, voire inexistant, constaté chez les mineurs au regard des vaccinations contre la diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche (DTPc) et la rougeole-oreillons-rubéole (ROR).
Par ailleurs rappelons que le taux de décès lié à la rougeole à échelle internationale, a augmenté de 50% (chiffres de l’OMS – rapport annuel 2019 faisant état de 207 500 décès) et qu’en France les départements de Mayotte et la Réunion, ont été les plus touchés bien qu’aucun cas ne soit recensé depuis 3 ans.
Les élèves ont eu la visite du Dr Maxime Jean, de Jacques Mikulovic recteur de Mayotte, et d’Olivier Brahic directeur général de l’ARS Mayotte

Porter une attention particulière au suivi et au rappel

Les enfants sont généralement en possession de deux carnets. Un fourni par l’hôpital, l’autre par les PMI. Il est indispensable que les familles soient sensibilisées au contrôle du calendrier de rappel de ces vaccinations. « Il existe certes une primo-vaccination des nourrissons au sein du service maternité du CHM mais pour renforcer l’immunité et l’efficacité à long terme de ces vaccins, il est important que les rappels soient faits aux âges indiqués, à savoir six et treize ans » souligne  Olivier Brahic, « j’engage vraiment l’ensemble des famille mahoraises à vérifier régulièrement ces carnets de vaccination. Si ces rappels ont bien été actés dans le temps imparti, il n’y a pas nécessité de vaccination au lycée ».
Il y a donc double enjeu de sensibilité et communication auprès des professionnels de santé lors de la primo vaccination mais également au niveau des établissements scolaires.
Un Rattrapage vaccinal élargi sur du long terme
Une véritable opportunité sanitaire et préventive est proposée par la même occasion aux différentes collégiennes de Mayotte au regard de l’infection HPV plus communément connue sous l’appellation papillomavirus. En effet, se voir proposer en milieu scolaire le vaccin contre le papillomavirus responsable des cancers du col de l’utérus est une démarche assez novatrice qui a trouvé sa source d’inspiration outre-Pacifique; en Australie plus précisément où « les chiffres permettent d’indiquer qu’ils ont pu vacciner l’ensemble de la classe d’âge concernée et depuis, plus de cas recensés lié au papillomavirus », souligne le directeur de l’ARS.
Au vu du taux d’adhésion au sein de notre département, la couverture vaccinale auprès des collégiennes devrait permettre, à moyen-long terme, une pleine protection des intéressées sachant que les lésions persistantes liées à ce virus peuvent évoluer vers un cancer diagnostiqué une dizaine d’année plus tard (entre 10 et 15 ans).

Un roulement actif de la réserve nationale

Un élève de 5ème en pleine primo-vaccination
Déployés à échelle départementale sur les différents établissements scolaires du primaire et du secondaire, c’est un important dispositif de près de 300 professionnels de la Santé qui tourneront mensuellement par noria d’une quarantaine de réservistes pour ainsi appréhender les protocoles de rattrapage vaccinal et garantir la pleine efficacité de l’opération.  « C’est un gros soutien national et les réservistes ont répondu en nombre à l’appel qui a été lancé » se félicitent à l’unisson Olivier Brahic et Dr Maxime Jean.

Une réactive opération bien accueillie par les familles

Monté en moins de six mois avec parfois légitimes doutes et appréhension, dans une dynamique collective et complémentaire, entre l’ARS, le rectorat, l’association des maires de Mayotte, la caisse de sécurité sociale, l’aide nationale mais également des acteurs associatifs locaux, ce challenge organisationnel de grande ampleur a trouvé réactivité en ce premier jour de lancement. « Il est vrai qu’en un laps de temps si court, j’étais quelque peu réticente mais je dois bien avouer que grâce au soutien de personnes compétentes et de terrain, cette première journée de mobilisation est une réussite et les familles ont répondu présentes. À Mayotte, c’est la communication rapide qui est au finale la plus efficace », indique Claudine Haab, principale du collège K1 de Mamoudzou. Une mobilisation sans surprise au regard de la forte demande journalière de vaccination auprès des différents centres médicaux de l’île. « Les bienfaits de la vaccination ne sont plus à prouver auprès des familles mahoraises. Lorsque l’on tend la main aux gens et qu’on leur offre des options de proximité, ils répondent présents. Et le capital confiance est là », nous confie Barbara Massez, chargée de mission auprès du cabinet du rectorat.
Du côté du collège Ali Halidi de Chiconi, la mobilisation s’est vue légèrement plus timide nous rapporte avec bienveillance son chef d’établissement, François Delattre : « à partir du début d’après-midi, 70% des élèves peuvent sortir. À cela vous ajoutez que pour accéder au protocole vaccinal, trois pièces obligatoires sont demandées: le carnet de vaccination, l’autorisation des parents signée et le carnet de liaison du collège comme preuve d’identité; vous vous doutez bien qu’en ce premier jour, les pièces nécessaires n’étaient pas complètes mais je suis confiant dans la mise en place et le bouche à oreille au fil de la semaine…».
En ce premier trimestre, c’est ainsi vingt-deux collèges qui seront sollicités, soit environ 30 000 élèves vaccinés avant la prochaine rentrée en aout 2023 où il sera question des écoles.
Protocole de vaccination

«  Il faut soutenir toute initiative… »

Les fonctions fraichement prises, le nouveau recteur, Jacques Mikulovic, se réjouit du dynamisme des composantes et établissements rattachés au rectorat de Mayotte et voit en l’implication de ces femmes et hommes de terrain un réel atout pour les différents projets en cours et à venir à travers notre département. « ce rattrapage vaccinal aux côtés de l’ARS est un projet indispensable mais il n’est pas terminé et surtout, il n’est pas le seul. Nous avons en perspective plein de projets communs sur lesquels nous réfléchissons ensemble notamment sur les plans de prévention santé ou encore de contraception. Il est indispensable d’être complémentaires et tout initiative doit être évaluée et soutenue ».
MLG

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