27.8 C
Mamoudzou
lundi 4 mars 2024
AccueilMagazinePénurie de logements, "chacun doit se bouger et faire son job !"

Pénurie de logements, « chacun doit se bouger et faire son job ! »

Le directeur général de Soliha, venu de Paris pour se rendre compte de la réalité du logement à Mayotte, ne mâchait pas ses mots ce lundi en mairie de Mamoudzou. A Majicavo, La Vigie et Boboka, il a vu "la misère", une population "handicapée" et des enfants "sans perspective". "Il y a urgence à Mayotte" a-t-il plaidé alors qu'élus et acteurs locaux rappelaient la problématique du foncier.

« Développer une politique plus adaptée à l’outre-mer », tel est l’objectif affiché par Michel Pelenc, directeur général de Soliha, qui œuvre à construire des solutions de relogement, notamment à Majicavo Dubai. « Quand on est là, on comprend mieux ce qu’il se passe et ce qu’il faut faire que depuis Paris » a-t-il plaidé ce lundi, après avoir visité ce week-end les projets de résorption de l’habitat insalubre de Majicavo, Labattoir et Boboka à Mamoudzou. Pour lui le constat est alarmant. Face à une sorte de constat d’impuissance des acteurs locaux, confrontés au mur du foncier, il rappelle la base. « Vous avez une urgence ici a Mayotte. On ne peut pas avoir des gens qui vivent dans des conditions misérables et des gamins qui n’ont pas de perspectives, des personnes handicapées, de la misère. Chacun doit se bouger pour faire son job ! » s’est-il exclamé.

Autour de la table, élus et représentants de différentes administrations y allaient de leurs chiffres chocs. 70% de la population sous le seuil de pauvreté. Un chômage 3,5 fois plus fort qu’en métropole. Des loyers élevés qui tournent autour de 9,32€ le m² en moyenne, et 92% des demandeurs d’un logement social qui sont en fait éligibles par leurs faibles revenus à des logements très sociaux… quasiment inexistants.

Le foncier, bête noire des acteurs du territoire

« Le produit logement devra être mis en adéquation avec ces constats », a concédé Michel Pelenc. « Il faut que les coûts de sortie soient en phase avec les contributions possibles des ménages ». Les logements subventionnés comme ceux de Dubaï qui reviennent à 50 à 100€ par mois aux foyers les plus précaires restent marginaux, même si « ça fonctionne » assure-t-il. Sans doute en faudrait-il bien plus, mais où ? Comment ? Et pour qui ? Et quid de la rénovation de l’existant, « qui souffre » du climat tropical a-t-il pu constater.

Et le directeur de rappeler qu’il existe des outils, des subventions, des dispositifs comme la ligne budgétaire unique ou les crédits d’impôts. Mais avec un parc immobilier qui compte pas moins de « 14000 logements en dur construits sans droit ni titre, cela bloque des subventions publiques  » s’exclame un des participants à la réunion de ce lundi.

« Les politiques sont au service des citoyens, pas au service des règlements »

La propriété foncière, un « problème de base » pour ces acteurs, pour qui bien souvent la législation semble inadaptée à l’ampleur des besoins mahorais

« En 6 ans de procédure on n’a pas avancé sur le terrain Boboka car on arrivait pas a identifier les propriétaires. 6 ans pour rien » soufflait Mohamed Moindjie, ancien adjoint au maire de Mamoudzou. « C’est très compliqué quand on sait que les besoins sont partout. L’argent est la, mais la réalité mahoraise est singulière. L’eau circule mais les tuyaux ne sont pas branchés. Il y a des dispositifs de droit commun mais ici le droit commun a un problème. On ne va pas changer Mayotte. Donc cette réalité il faut la mettre sur la table. J’ai lu dans le JDM ce matin que nous battons les records en termes de chômage, raisonnez sans tenir compte de cette singularité et nous allons droit au mur ».
Le visiteur ne mâchait pas ses mots

Le mur, encore faut-il qu’il sorte de terre. Entre 2016 et 2019, à peine 50 logements sociaux ont été bâtis chaque année. Sur les presque 74 000 logements qui compte l’île, seuls 2000 sont des logements sociaux, pour la plupart sur-occupés.

Alors, des règles trop strictes sont-elles inadaptées aux besoins « urgents » de Mayotte en termes de logement ? Charge aux élus d’être inventifs pour le directeur de SOliha. « Les politiques sont au service des citoyens, pas au service des règlements » concluait-il, dans une dernière punchline bien sentie, comme un appel du pied à l’innovation. Sur un territoire qui, ça tombe bien, s’y prête plutôt bien.
Y.D.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

l'actualité

+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

Majikavo : union des habitants pour encadrer les jeunes

0
Ils sont commerçants, pompiers, chefs d’entreprise ou simples citoyens, et ont tous en commun la volonté de participer au rétablissement de la paix dans leur village, "l'Etat apporte sa part, nous devons prendre la nôtre" fusion des énergies et donc de solutions autour de jeunes délinquants désœuvrés dont certains sont diplômés mais sans avenir

Environnement : Le reboisement comme solution pour préserver notre ressource en eau

0
Dans le cadre du projet « Reboisement et remobilisation de la ressource en eau dans le bassin versant de Mbouanatsa », la Fédération Mahoraise des Associations Environnementales en partenariat avec le Groupement Intercommunal des Agriculteurs du Sud de Mayotte ont organisé samedi une opération de plantation d’arbres.
DEAL, Mayotte, MNE

Containers dans la mangrove : la MNE dépose plainte, la DEAL s’explique

0
C’est dans un contexte très tendu de décision préfectorale de rétablir la circulation dès les premiers barrages que sont tournées les images de containers poussés dans la mangrove par des engins de chantier. La levée des blocages permettant, ils seront enlevés dans la semaine, indique la DEAL
CMA, Mayotte, CFA

Sortie de convalescence pour la Chambre des Métiers et de l’Artisanat

0
Après les fortes turbulences d’années de gestion chaotique, il a fallu que la maison mère et l’État se portent au chevet de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat et lui prescrivent les remontant appropriés. Après des mois de salaires non payés, les choses rentrent dans l’ordre grâce à une Commission provisoire nommée en octobre 2023. Son président nous parle d’avenir

L’agenda loisirs du week-end : Un reboisement, de la rando, une soirée latino et...

0
Au programme de ce week-end après de longues semaines d’interruptions : Reboisement et remobilisation de la ressource en eau dans le bassin versant de Mbouanatsa, porté par la FMAE ; découverte éducation et culturelle sur le site historique Antana B ; découverte des missions bénévoles en mer proposées par l'association Ceta'Maore en 2024 ; la meilleure et la plus connue Soirée de Danses Latines de l'île ; sans oublier les séances de cinéma.

Recent Comments