Si le changement climatique conduit à des modifications de son comportement au regard de leur conséquence sur l’environnement, les tenants et aboutissants de cette nécessité de s’adapter peuvent parfois échapper à certains. C’est tout l’enjeu de la vulgarisation scientifique promue par Sofia El Meknassi et Marin Auger : mieux comprendre pour mieux protéger.

La vulgarisation scientifique au service de l’environnement, un enjeu pour les professeurs de Mayotte

Si le changement climatique conduit à des modifications de son comportement au regard de leur conséquence sur l’environnement, les tenants et aboutissants de cette nécessité de s’adapter peuvent parfois échapper à certains. C’est tout l’enjeu de la vulgarisation scientifique promue par Sofia El Meknassi et Marin Auger : mieux comprendre pour mieux protéger.

« On ne peut pas éduquer les personnes au développement durable en leur disant juste « ne jeter pas vos papiers par terre ». Notre objectif est de donner à voir le fonctionnement de la biodiversité pour mieux appréhender les impacts de nos gestes sur l’environnement ». Un constat ayant conduit les deux géologues de formation, Sofia El Meknassi et Marin Auger, à organiser des interventions dans les établissements scolaires afin d’œuvrer à la vulgarisation scientifique.

Vulgariser la science pour mieux protéger l’environnement

Un projet porté par deux professeurs passionnés par le territoire

« Cette vulgarisation est à destination des professeurs de tous les établissements », précise Mme El Meknassi, enseignante au collège de Mgombani, première étape de cette démarche de vulgarisation. « Les professeurs étant les principaux détenteurs de savoir face aux élèves, il est essentiel qu’ils soient sensibilisés à la protection de l’environnement. Or, on ne peut pas le protéger si on ne comprend pas sa complexité. Si tous les professeurs ont conscience des enjeux de préservation de l’environnement, de ses tenants et aboutissants, alors il est possible de développer une éducation au développement durable », précise Mme El Meknassi. Cette situation est partagée par son collègue Marin Auger, « la richesse de Mayotte est méconnue par les élèves qui connaissent très mal la biodiversité et méconnue par les enseignants ». La problématique est d’autant plus criante que de façon générale, les établissements scolaires sont réunis autour d’une thématique globale: l’éducation au développement durable.

Pour parvenir au niveau de vulgarisation scientifique souhaité et remédier aux manques de connaissances sur la compréhension du territoire, « ce sont les élèves du CUFR en sciences de la vie qui vont présenter la biodiversité de l’île ». Les cinq étudiants en troisième année de licence en sciences de la vie vont, pendant une heure, se succéder au micro afin d’aborder avec une passion certaine les thématiques du jour, que ce soient les coraux, la mangrove, les plantes endémiques ou encore la faune terrestre.

La jeunesse au service de cette vulgarisation scientifique

Les orateurs font fi du stress et de la gêne de parler en public. Le discours est bien rôdé et les propos pertinents. Les présentations sont courtes mais percutantes. Les professeurs dans la salle ainsi que les quelques collégiens présents sont des plus attentifs. Pas de misérabilisme mais des mises en garde, et pour chaque mise en garde, des solutions pour limiter les effets du changement climatique à l’échelle de Mayotte. Ainsi, pour lutter contre la disparition des coraux, la préservation de la mangrove est essentielle. En ce qui concerne la protection de la faune exceptionnelle ? Réduire les pressions anthropiques qu’il s’agisse de la déforestation ou du braconnage.

Les pressions anthropiques menacent la biodiversité de Mayotte

Si avant la fin de l’année scolaire il est probable qu’une nouvelle intervention ait lieu dans un autre établissement, c’est surtout à la rentrée prochaine que les deux professeurs souhaitent développer leur projet de vulgarisation. Une démarche qui s’appuiera alors sur le retour d’expérience des étudiants du CUFR, lesquels auront l’opportunité d’embarquer sur le Marion Dufresne afin de participer à la cartographie des fonds marins aux abords du volcan. Connaître, comprendre et protéger est plus que jamais le triptyque d’actualité au regard des changements de notre monde.

Pierre Mouysset

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