31.8 C
Mamoudzou
samedi 13 avril 2024
AccueiljusticeDe nouvelles affaires de violences familiales jugées ce mercredi au tribunal

De nouvelles affaires de violences familiales jugées ce mercredi au tribunal

A la fin du mois de janvier, le service statistique ministériel de la sécurité intérieure, Interstats, publiait les chiffres de la délinquance en 2021. Parmi ceux-ci, une augmentation de 40% des violences intrafamiliales à Mayotte. Territoire parmi les plus impactés, le contenu des audiences judiciaires s’y avère révélateur.

Parmi les nombreuses affaires de violences familiales inscrites au rôle des audiences à juge unique de ce mercredi, deux s’avéraient particulièrement révélatrice du climat général et de cette réalité sociologique sur le département.
La première affaire traitée concerne un jeune de 23 ans, comparaissant pour des faits de violence sur une personne avec circonstance d’un ascendant légitime : en d’autres termes, son propre père.
Ainsi à Dzaoudzi le 25 octobre 2021, celui-ci se serait rendu à l’épicerie de son père, l’aurait bousculé avant de lui asséner plusieurs coups de poings au visage, tout en le menaçant de revenir. Les déclarations du père indiquent que le prévenu aurait déjà lancé des pierres sur sa boutique, et aurait brandi devant lui un chombo en bois avec des clous. Une affaire comme on en voit souvent, au cours de laquelle le jeune homme se défendait en expliquant que les coups portés étaient involontaires, ce que le substitut du procureur semblait avoir peine à croire. Le casier du jeune homme est en effet déjà bien garni, puisqu’il avait déjà été condamné à deux reprises pour des faits de violence, sans rapport avec cette affaire, et condamné à deux ans de prison avec un an de sursis mise à l’épreuve.
« J’en viens plutôt à prendre parti pour la victime » déclarait le substitut du procureur, avant de demander une peine de 3 mois d’emprisonnement.
Puis, la juge unique commençait alors à annoncer sa décision, avant de se souvenir que lors d’une audience, le prévenu a la parole en dernier. Prise de parole qui allait sûrement changer peu de chose à la décision visiblement déjà prise de la juge… Il sera finalement relaxé, puisque « la seule parole de la victime ne permet pas de conclure que les gestes étaient volontaires ».

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou

Violences conjugales

Autres personnages et autre affaire, mais tout aussi typique du territoire. Le prévenu, un homme de 26 ans, était poursuivi pour plusieurs faits de violences conjugales sur sa conjointe, mère de ses enfants. Respectivement commis le 4 mars 2021 et courant 2020 jusqu’au 31 janvier 2021, les faits s’avéraient flous et complexes, et les versions différentes. La victime avait alors déposé plainte à plusieurs reprises pour des coups, et tous deux raconteront à la barre leur version des évènements, incluant des gifles, des morsures, des coups de fouet même… Quoiqu’il en soit, l’expertise médicale attestera de plusieurs lésions sur le corps de la jeune femme, suite à ces altercations que le prévenu minimisera et niera partiellement. « Il m’a poussée dans les escaliers, m’a jetée par terre, m’a tapé la tête sur un mur, il a aussi failli m’écraser avec sa voiture »… Des différends liés à une histoire de pension alimentaire non payée par le prévenu à la mère de ses enfants, parce qu’estimée « trop chère » par ce dernier.
« Ce sont encore des faits de violences conjugales que vous avez à juger » déclarera le substitut du procureur dans ses réquisitions, pointant du doigt la récurrence de ce type d’affaire à Mayotte. Le prévenu sera finalement reconnu coupable et condamné à 6 mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire d’une période de deux ans, une interdiction de paraître au domicile de la victime, et d’entrer en contact avec elle hormis l’exercice de l’autorité parentale. Sans compter quelques 2000 euros de préjudice moral et physique à verser à la victime.

De nouvelles affaires qui montrent une fois encore que les violences intrafamiliales restent légion à Mayotte, berceau potentiel d’une jeunesse évoluant dans une violence presque banalisée devenue vulgaire et quotidienne. Un point de départ très réaliste de la délinquance et de ses dérives au cœur du 101ème département…

Mathieu Janvier

 

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

l'actualité

+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

Justice : Bientôt sept nouveaux greffiers affectés à Mayotte

0
Le recrutement de 7 greffiers des services judiciaires pour le département de Mayotte a été publié le 30 mars au Journal officiel de la République française.
assises

Assises : 20 ans de réclusion criminelle pour avoir poignardé son oncle

0
Lundi, à l'issue du procès d’un homme mis en accusation pour un meurtre commis à Majikavo-Koropa près de quatre années plus tôt, la cour d'assises a rendu son verdict
Eric Dupond-Moretti, CJR, Mayotte, Sénat,

Une « Journée Outre-mer » de la Justice mardi prochain

0
Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti organisera à Paris, la semaine prochaine, mardi 26 mars, une journée dédiée à la justice en Outre-mer, en présence du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald...

Atteintes à la probité en 2023 : Un taux plus élevé dans les Outre-mer...

0
Le Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure et l’Agence Française Anti-corruption ont actualisé pour 2023 leur première étude concernant les atteintes à la probité publiée en octobre 2022. Ce sont ainsi 829 délits d’atteinte à la probité qui ont été enregistrés en 2023 par la police et la gendarmerie en France, avec un taux plus élevé dans les Outre-mer et en Corse.

Justice – Prison avec sursis, privation des droits civils et civiques et 40.000 euros...

0
Le procès de l’ancien président du Conseil départemental, Daniel Zaïdani, et de ses deux collaborateurs, Alhamid Aboubacar et Alain Kamal Martial Henry s’est enfin tenu hier plus de 10 ans après les faits. Il était notamment reproché à Daniel Zaïdani des détournements de fonds publics lors de son mandat. Quant à ses anciens collaborateurs, ils étaient poursuivis pour complicité d’atteinte à la liberté d’accès des candidats dans les marchés publics et soustraction de biens

Recent Comments