UA-49455827-15
27.9 C
Dzaoudzi
dimanche 23 janvier 2022
AccueilOcéan Indien"Qu'ils fassent de l'humanitaire aux Comores", les locaux de la Cimade toujours...

“Qu’ils fassent de l’humanitaire aux Comores”, les locaux de la Cimade toujours bloqués

Depuis un mois, des membres du Collectif bloquent l'accès à la Cimade. Ces manifestantes reprochent à l'association un recours formulé contre un décasage prévu à Combani. L'arrêté préfectoral a été invalidé par la justice le 13 décembre, et des militantes anti immigration avaient alors manifesté devant le tribunal administratif, avant de se rendre à la Cimade, où elles se relayent toujours pour interdire l'accès des bénévoles, salariés et bénéficiaires.

Cela fait désormais un mois que les salariés, bénévoles et bénéficiaires de la Cimade ne peuvent accéder aux locaux de l’association à Mamoudzou. A l’origine de cette perturbation, une manifestation spontanée de membres du Collectif devant le tribunal administratif, qui a le 13 décembre condamné l’Etat et suspendu un arrêté de la Loi Elan visant à détruire un quartier de Combani.

“Il y avait eu un arrêté préfectoral pour le décasage d’un quartier de Combani dans le cadre de la loi Elan. Plusieurs associations du collectif migrants Outre Mer avaient soutenu une démarche pour contester cet arrêté, car il y avait un risque de destruction sans relogement, c’est dans ce cadre là que la Cimade s’est présentée au tribunal pour défendre les habitants” explique Elodie Auzole, directrice de la section océan Indien de la Cimade. Depuis cette audience, “du fait des menaces et de la présence permanente du Codim qui se relaye devant les locaux, toute personne proche de la Cimade ou qui vient solliciter un accompagnement est menacée, donc personne n’a pu revenir dans les locaux” poursuit la présidente, qui indique qu’une plainte est en cours.

Pour la responsable associative, cette mobilisation contre une association interpelle. “Cela pose en effet le problème de la présence de la Cimade à Mayotte pour des groupuscules extrémistes. Aujourd’hui, défendre les droits fondamentaux, c’est devenu dangereux, c’est devenu un acte politique extrême pour certains. Pour nous ce n’est pas admissible dans l’Etat de droit qu’est encore la France. C’est pour ça que c’est le bureau régional qui s’est emparé de la communication, on a voulu montrer notre soutien là dessus”.

A Mamoudzou, les locaux de l’association sont en effet fermés, et la grille cadenassée. Sur une terrasse attenante, quelques militantes discutent. “Si vous cherchez la Cimade, il n’y a personne, on a fermé” nous indique l’une d’elle.

Qatary Lawson, figure du collectif, veille à interdire l’accès à la Cimade

Assise sur une marche, Qatary Lawson, une personnalité bien connue qui se revendique du “collectif issu du mouvement de 2018” ne “veut pas” de la Cimade à Mayotte. “S’ils veulent aider les Comoriens, qu’ils aillent faire de l’humanitaire aux Comores, on serait d’accord, on peut même se cotiser” dit-elle. A l’entendre, le collectif est déterminé à bloquer l’accès jusqu’au départ de l’association, qu’elle accuse de “les monter contre nous” poursuit, évasive, la militante, qui va jusqu’à évoquer un risque de “guerre civile”. Pour elle, le recours formulé par le collectif Migrants Outre Mer auquel participe la Cimade a empêché la démolition d’un quartier peuplé de clandestins et qui posait un problème de sécurité, ce qui a généré “la colère”.

Une vision que la Cimade conteste. “Les personnes concernées par un possible décasage n’étaient pas forcément étrangères, la Cimade n’a pas agi pour une catégorie de personnes, mais pour des personnes précarisées dont on allait attenter aux droits fondamentaux du logement. Donc des personnes françaises ont bien été défendues dans ce quartier” assure la directrice régionale, pour qui de toutes façons, aider les plus précaires est dans l’intérêt de tous. “La précarisation et l’exclusion coûtent beaucoup plus cher que de régulariser, car ça crée de la violence, de la demande sociale, ça a des coûts. Au niveau de la justice aussi, car plus il y a de violences, plus il y a d’affaires. Quand on régularise et que les gens ont les droits minimaux que sont les droits à l’hébergement, un minimum d’allocations pour se nourrir et se vêtir, ça coûte bien moins chez à la société. De la même manière, refuser de scolariser des enfants, cela crée une population non scolarisée, sans formation et exclue de tout système social, et ça on va le payer très cher” analyse-t-elle.

Une atmosphère jugée menaçante par les salariés de la Cimade, qui ont basculé en télétravail

Deux visions qui semblent irréconciliables entre les deux associations aux actions diamétralement opposées. Et de chaque côté, une détermination forte.

“Le message est clair, la Cimade est à Mayotte et compte bien y rester, on a juste changé nos formalités et le format, mais les équipes travaillent en distanciel, en lien avec le siège et la Région océan Indien (…) On continuera à soutenir le groupe local de Mayotte, on réfléchit à des moyens d’action plus poussés” conclut Elodie Auzole.

Y.D.

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

La chanteuse mahoraise Kueena remporte le concours de chant Nyora

139533
Diffusé à la télévision comorienne ainsi que sur les réseaux, le concours Nyora mettaient en concurrence de nombreux chanteurs de l’archipel des Comores. Et...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
RUP, Sébastien Lecornu, Mayotte, Schengen

Révision de Schengen et de la politique des RUP : « Mayotte a une carte à...

139533
Une nouvelle stratégie à l’égard des Régions Ultrapériphérique de L’Europe, dont Mayotte, est en cours d’élaboration par la Commission européenne qui la finalisera en mai 2022. Chacun était prié de défendre sa position au sein d’une stratégie commune
Projet de loi Mayotte, Sébastien Lecornu, Mayotte

Projet de loi Mayotte : le sujet se politise de plus en plus

139533
Le timing aidant avec des élections présidentielles qui se rapprochent, réduisant peu à peu le nombre de conseils des ministres susceptibles de l’examiner, le projet de loi Mayotte entame sa 2ème semaine de feuilleton du « je t’aime, moi non plus »
Mayotte, LR

Législatives : Issihaka Abdillah confirmé comme candidat LR

139533
Les candidats commencent à se mettre en ordre de marche pour les prochaines législatives qui se tiendront les dimanches 12 et 19 juin 2022. Les LR ont investi au niveau national deux candidats sur...
Mayotte, projet de loi

Projet de loi Mayotte : les maires et trois parlementaires cherchent un consensus

139533
Ils essaient de sauver les meubles. Les élus locaux et trois parlementaires appellent d’un côté le gouvernement à s’engager sur un calendrier, et de l’autre, les élus départementaux à réexaminer le projet de loi à la lumière des 85 propositions envoyées par le gouvernement. « C’est une opportunité unique pour Mayotte », clament-ils
Projet de loi, CESEM, Sébastien Lecornu, Mayotte

Le projet de loi organique a-t-il une nouvelle fois tué celui sur le développement...

139533
Deux projets de loi, l’un plombant l’autre, et un mail tardif sur 85 propositions pour développer Mayotte qui tombe la veille des débats du conseil départemental, ont jeté le trouble sur une loi pensée pour développer Mayotte. Les trois-quarts des mesures sont malgré tout applicables en cas d'ajournement du texte par le gouvernement
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com
UA-49455827-15