L'édito de BIM

L'édito de BIM traite de l'actualité, souvent trop sérieuse, de manière décalée en essayant de mettre une lumière nouvelle sur des faits de société ou des personnages publics.

Bandes des organisés

Ce qui frappe en premier à Mayotte lorsqu’il y a des affrontements entre des jeunes et les forces de l’ordre, c’est la désorganisation totale des premiers cités. On observe généralement un cordon de police qui fait face à des « petits machins » sautillant et s’agitant devant eux dans une frénésie qui n’est pas sans rappeler celle du spermatozoïde en course pour la victoire finale. A la différence près que le but de ces jeunes n’est en aucun cas de franchir le dernier rempart. Ils avancent, ils reculent. Comment voulez-vous… ? Bref…

Depuis peu, on observe une sorte d’évolution dans le comportement erratique de ces jeunes, qui s’équipent de combinaison jaune pour aller défier habitants et forces de l’ordre. Pourquoi une combinaison jaune me direz-vous ? Déjà on n’a pas gardé les cochonidés ensemble et on ne me questionne pas dès le premier rendez-vous. Mais vu que c’est la première fois, je veux bien considérer que c’est sous le coup de m’émotion et qui vous n’y reviendrez pas. Je vais donc vous apporter ma réponse issue de dix minutes d’expérience de terrain et d’à près autant d’analyse fouillée : « J’en sais rien. »

Par contre, concentrons-nous sur la probabilité qu’un jeune sautillant dans tous les sens ait une pensée suffisamment structurée pour coordonner un mouvement, dont aucun des protagonistes n’a jamais su que c’en était un. Zéro. C’est le chiffre qu’on trouve après des heures de calculs, long et décharnés, inutiles à la démonstration.

Alors comment en sont-ils arrivé à sautiller, tel le moustique shikoungougné ou la mouche encéphalique, ressemblant plus à des pains au chocolats qu’à des militants voulant délivrer un message ? Peut-être quelqu’un a-t-il réfléchi à leur place en se disant que la période électorale était le moment propice pour manipuler jeunes et opinion.

Mais, me direz-vous, cela n’explique en aucun cas la combinaison jaune. Attention ça fait déjà deux fois que vous m’apostrophez sans mettre de guillemet ! Mais dans ma grande magnanimité, je vais malgré tout vous apporter la réponse. Peut-être que le cerveau qui dirige n’est finalement pas beaucoup plus brillant que ceux qu’il désire manipuler. Du coup, on se retrouve avec une brigade d’apiculteur frénétiques, face à des gendarmes mobiles spectateur de scènes lunaires. En plein jour me direz-vous ! Attention, ça fait trois fois. Cette fois-ci je ne répondrais pas !

Mais on doit malgré tout admettre que la ministre Bout d’choux avait raison. La criminalité baisse à Mayotte. L’analyse peut paraître surprenante, mais nous sommes passés d’attaques violentes à la machette et tout autre objet contondant, du moment qu’il contonde, à une bande d’ersatz de la casa del papel qui lancent des cailloux sur des forces de l’ordre qui finiront certainement par jouer à la belote en attendant la fin du rut endiablé des pains au chocolats agités.

Mais comment être insensible au message de ces jeunes, qui dans le choix des moyens de leur lutte, appellent au secours une société qui les délaisse et qui les méprise. On ne peut que saluer leur choix de s’équiper à leur frais de ces fameuses tenues d’apiculteurs pour poser les bases d’une réinsertion réussie.

 

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