Ils devaient revenir à Mayotte le 1er mars après avoir passé une semaine de vacances à Dubaï mais la situation qui s’est enflammée au Moyen-Orient, avec de nombreux pays visés par des bombardements depuis le week-end dernier, les oblige à rester sur place à leurs frais. « On a tout dépensé, on n’a plus rien, on est livrés à nous-mêmes », nous raconte dépité Adana Madjidhoubi.

Lui et sa femme sont bloqués dans leur hôtel à Dubaï depuis le début de la semaine et ils ne savent absolument pas quand ils pourront rentrer. « On entend dire que l’État, les agences de voyage ou les compagnies aériennes prendraient en charge les frais sur place, mais c’est faux ! C’est nous qui payons l’hôtel, la nourriture, et là on n’a plus rien, on a dépensé tout ce qu’on avait et on est obligés de faire appel à nos familles à Mayotte pour qu’elles nous aident », s’alarme le Mahorais. « Sans compter que les prix des chambres d’hôtel ont augmenté », ajoute-t-il.
Les autorités françaises aux abonnés absents

Adana Madjidhoubi a eu beau s’adresser à l’ambassade de France sur place pour être pris en charge et qu’ils soient rapatriés en Hexagone ou à Mayotte, on lui a répondu : « il faut attendre ! ». N’ayant pas de nouvelles, il a décidé de se rendre directement au consulat et là on lui a dit qu’il fallait prendre rendez-vous par mail. « J’ai pris rendez-vous et je n’ai toujours pas de réponse. Tous les jours je contacte l’ambassade et je tombe sur un répondeur qui me demande de patienter et que quelqu’un va me répondre. J’attends 30 minutes et rien, ça raccroche », se désole-t-il.
Un aéroport fermé, des compagnies aériennes en attente et des Mahorais bloqués
De plus, contrairement à ce qui est annoncé ici et là, l’aéroport de Dubaï n’a semble-t-il pas rouvert, même partiellement, selon Adana Madjidhoubi . « Ce n’est pas vrai ! L’aéroport n’a pas rouvert, c’est faux ! S’exclame-t-il. Quand on y va il y a des policiers qui nous disent de ne pas rester là. Il y a beaucoup de rumeurs qui circulent mais elles sont fausses », assure-t-il. Par ailleurs, d’après lui, il y aurait beaucoup de Français bloqués à Doubaï dans leurs hôtels, et parmi eux une vingtaine de Mahorais.
Une situation qui tend à s’apaiser mais encore beaucoup d’incertitudes

Quant à la situation sur place, Adana Madjidhoubi nous indique qu’elle s’est un peu calmée depuis quelques jours. « On entend encore quelques bombardements, mais ça s’est calmé, il y en a un peu moins … ce sont surtout les bases militaires américaines qui ont été touchées ». En attendant d’avoir des nouvelles des autorités françaises, lui et sa femme ont pour consigne de rester dans leur hôtel, mais au-delà de ça c’est l’incertitude qui les ronge et l’inquiétude de leurs familles… « On ne sait pas quand ça va se débloquer, on a des enfants, une famille et ça, ça fait mal », nous a-t-il confié ému.
B.J.


