Ce mardi, dans ses locaux, l’IEDOM a fait état de son bilan annuel. En effet, en 2025, l’Institut a été très présent sur le terrain, à la fois pour observer l’économie mahoraise, assurer la circulation de la monnaie, mais aussi pour accompagner entreprises comme particuliers. « On a vraiment démultiplié nos actions », résume Florence Mar-Piquart, directrice de l’IEDOM Mayotte, lors de la conférence.

Premier pilier de son activité, le rôle d’observatoire économique. L’année dernière la structure a publié 24 études et notes, couvrant des sujets variés comme le surendettement, le secteur bancaire ou encore l’impact de la crise après le cyclone sur les entreprises locales. Ces travaux accessibles en ligne, s’appuient sur un suivi régulier de l’économie de Mayotte complété par un rapport économique annuel. Cette production s’est accompagnée d’une forte présence publique, avec 84 actions de place qui ont été menées, entre conférences, interviews et participations à des instances économiques locales. Une hausse marquée, liée en grande partie au contexte post-crise. « En début d’année, on a été très sollicités, il fallait remettre toute la circulation monétaire en place et s’organiser avec les banques », explique la directrice.
Circulation monétaire et confiance dans la monnaie
Autre mission centrale, celle de relais de la politique monétaire exercée par délégation de la Banque de France. L’an passé, 30 millions de billets ont été retirés au guichet de l’Institut, soit une hausse de 7 % par rapport à 2024. Ce volume regroupe à la fois des billets neufs et des billets triés puis remis en circulation. « Notre rôle, c’est aussi de maintenir la qualité de la monnaie fiduciaire, pour que les gens aient confiance », souligne Florence Mar-Piquart.
Dans ce cadre, l’Institut d’émission des départements d’outre-mer à Mayotte assure également l’authentification des billets et la lutte contre la contrefaçon. Deux ateliers de formation ont été organisés, gratuits et ouverts à différents publics. « Il y a des indices très simples pour reconnaître un faux billet, comme le chiffre qui change de couleur quand on l’incline », rappelle la directrice de l’IEDOM, précisant que ces actions ne sont pas liées à une hausse des faux billets mais relèvent d’une mission permanente.
Entreprises et inclusion financière
Côté entreprises, la structure joue aussi un rôle d’accompagnateur encore peu connu. Seize chefs d’entreprise et porteurs de projets ont été suivis en 2025 via le dispositif de correspondant TPE. L’Institut est également chargé de la cotation des entreprises, un indicateur clé pour l’accès au crédit. Cette année, 350 sociétés mahoraises ont été cotées, un chiffre stable malgré l’augmentation du seuil de chiffre d’affaires à 1,25 million d’euros. « On pensait avoir moins d’entreprises cotées, mais on reste à peu près sur les mêmes volumes », observe Daoulab Ali Charif, chargé d’études au sein de l’IEDOM.

Cette cotation sert aux banques à évaluer la capacité d’une société à honorer ses engagements financiers. Elle repose sur l’analyse des bilans, mais aussi sur des échanges directs avec les chefs d’entreprise. En 2025, 55 entretiens ont ainsi été menés afin de confronter les données financières à la réalité du terrain et aux stratégies des entreprises.
Pour les particuliers, l’IEDOM intervient sur les questions d’inclusion financière. L’année dernière, 56 dossiers de surendettement ont été déposés, 64 procédures de droit au compte ont été engagées et plus de 1.000 consultations de fichiers ont été réalisées au guichet de l’établissement. L’Institut rappelle néanmoins qu’il n’existe pas d’« interdiction bancaire » à proprement parler, mais des inscriptions dans des fichiers d’incidents qui peuvent limiter l’accès aux services bancaires tels que les crédits.
Sensibilisation financière
La structure agit également auprès des collégiens et des lycéens, notamment à travers le passeport EDUCFI, destiné aux élèves de quatrième et aux filières lycéennes professionnelles. Ces actions visent à donner des bases concrètes pour comprendre un budget, les moyens de paiement et les risques d’arnaques, avant l’entrée dans la vie adulte ou les études supérieures. « Les élèves qui passent le prix d’excellence économique peuvent l’ajouter sur Parcoursup, c’est une valorisation », souligne Florence Mar-Piquart.

L’IEDOM se mobilise également dans les structures sociales, comme les CCAS, où les équipes adaptent leur discours à des publics parfois très éloignés des notions financières et très souvent ne maîtrisant pas la langue française, en privilégiant des explications simples et très pédagogiques. « Avec le grand public on reste sur des notions de base, mais avec un public scolaire on peut aller plus loin et parler de crédit d’assurance par exemple », ajoute le chargé d’études.
Plus largement, l’éducation économique et budgétaire reste un axe fort de l’action de l’IEDOM. En 2025, 540 personnes ont été sensibilisées à ces questions à travers 25 actions et 74 personnes ont été formées comme « publics-relais » afin de diffuser ces connaissances sur l’île à travers des événements comme la semaine d’éducation financière.
Shanyce MATHIAS ALI.


