La crise financière de la maison d’arrêt de Majicavo prend une nouvelle tournure. Confrontée à d’importants impayés, l’entreprise locale Mon Pouleti a suspendu ses livraisons alimentaires, aggravant un peu plus la situation au sein de l’établissement pénitentiaire.
Des impayés qui paralysent les livraisons
Le non-paiement des prestataires continue de fragiliser le fonctionnement de la maison d’arrêt. En charge de la fourniture de denrées alimentaires pour la production de repas, l’entreprise Mon Pouleti, via l’Abattoir de Volailles de Mayotte (AVM), a décidé de suspendre ses livraisons.
« C’est très compliqué avec la maison d’arrêt. Nous avons fait tous les efforts possibles, ce n’est plus tenable. Nous avons près de 550.000 euros d’impayés », alerte son directeur, Loïc Breton. Selon lui, les agents pénitentiaires « font ce qu’ils peuvent » mais les fonds « du ministère de la Justice tardent trop à venir ».
Une entreprise locale qui ne peut pas attendre
Malgré le dépôt systématique des factures sur la plateforme Chorus Pro et des relations qualifiées de « très bonnes » avec le personnel pénitentiaire, les délais de paiement restent inexpliqués. Une situation qui inquiète les banques et met en péril l’équilibre financier de l’entreprise.
« Nous ne pouvons pas attendre indéfiniment… Encore si on avait des délais, on pourrait s’organiser mais on a des factures qui datent de 2024, c’est trop compliqué à gérer et on ne sait pas si on finira par être payé », insiste le directeur. Faute de garanties sur le règlement des sommes dues, Mon Pouleti n’a eu d’autre choix que de suspendre ses livraisons à la maison d’arrêt.
Mathilde Hangard


