“ C’est où le prochain arrêt ?”, demande Sikinidi, une habitante de Sada. “Le prochain, c’est collège de Sada”, répond en souriant Fahania Moindze. La jeune femme vêtue d’un voile noir est médiatrice du bus. Installée à l’avant, elle accompagne les passagers à leur montée pour les renseigner sur l’itinéraire et toutes les informations à savoir.
Pour découvrir ce bus TMCO (transports et itinéraires du Centre-ouest), nous le prenons place Tuyoni à Sada à 16 heures. Une dizaine de personnes est à bord, la plupart rentrent chez elles après la journée de travail. Comme Sikinidi, salariée au dispensaire de Kahani et sa collègue. “ Ce transport, c’est une très bonne chose ! ”, estime-t-elle. Le bus est pratique car il emprunte exactement son itinéraire domicile-travail.
Des transports gratuits pendant deux mois

Depuis lundi 16 février, premier jour de mise en service, elle l’a pris tous les jours. “C’est rentable pour moi, pour l’instant ce n’est pas payant ”, indique-t-elle. En effet, pendant deux mois, le service est gratuit (contre 2 € le ticket, s’il est acheté en amont et 2,50 € dans le bus). Mais la communauté de communes entend néanmoins préparer les habitants au passage au bus payant en leur donnant un ticket imprimé lors de la montée.
Les bus climatisés sont confortables, celui que nous avons testé ressemble plus à un car. Il n’a pas de bouton “arrêt demandé” et pas d’espace pour rester debout. “Ce bus est un peu spécial”, concède Fahania Moindze. “Celui que nous devions avoir est tombé en panne le premier jour. Alors il a été remplacé par celui-là”. Les autres sont aménagés comme des bus classiques.
Pour l’instant, la communauté de communes du Centre-Ouest a lancé deux lignes. La première avec deux itinéraires, l’un depuis le stade de foot de Mliha (M’tsangamouji) jusqu’au pôle d’échanges de Coconi et l’autre depuis l’école primaire de Chembenyoumba jusqu’au pôle d’échanges de Coconi. La ligne 2, de son côté, part de Ouangani et va jusqu’à Sada, une fois sur deux, elle passe par le pôle d’échange, et l’autre fois par Sohoa.
“A cause des embouteillages, ça prend plus de temps”
Lorsque nous prenons le bus depuis Sada, il passe par Mangajou, Chiconi, Kahani, Coconi jusqu’à l’hôtel de ville de Ouangani. L’avantage, c’est que chaque village est desservi. Normalement l’itinéraire complet doit être fait en 1 heure, mais l’après-midi il dure plutôt 1h30. “A cause des embouteillages, des travaux à Mangajou, ça prend plus de temps”, observe Fahania Moindze. Pour l’instant, c’est encore la période de tâtonnements, le chauffeur et la médiatrice font remonter toutes les difficultés rencontrées à la collectivité.

Ce mercredi, au fond du véhicule se trouve un couple de Sada et ses deux enfants en bas âge venus “tester” le bus. La femme est en formation à M’roalé (Tsingoni) et le mari en formation à Mamoudzou. Non véhiculés, ils prendront le bus pour s’y rendre. “ Pour aller à M’roalé, une fois à Kahani, je dois prendre la ligne de bus 1”, raconte la jeune femme. A Ouangani, son mari de son côté devra prendre un taxi jusqu’à Tsararano avant de prendre la navette jusqu’à Mamoudzou. “ Ce serait bien qu’il existe des transports en commun jusqu’à Mamoudzou”, ajoute Yves, le mari.
Le Département va lancer un réseau de transport interurbain à partir de mars mais pour l’instant des lignes sont lancées uniquement en Petite-Terre, Mamoudzou-Dzoumogné et Mamoudzou-Chirongui. Quand le bus deviendra payant, il sera possible d’acheter les tickets en ligne ou dans les douka. Les bus de la ligne M’tsangamouji-Coconi passent en moyenne toutes les 36 minutes et ceux qui relient Ouangani à Sada circulent tous les 75 minutes.
Lisa Morisseau


