Par ordonnance rendue le 5 février 2026, le Tribunal judiciaire de Mamoudzou a jugé que le blocage du dépôt de bus de MATIS à Longoni constituait un trouble manifestement illicite, et a ordonné la libération immédiate de l’ensemble des accès, véhicules et piétons, autorisant, en tant que de besoin, le concours de la force publique
La juridiction a rappelé à cette occasion que, si le droit de grève est un droit constitutionnel, il n’emporte pas le droit d’occuper un site, de bloquer des accès, ni d’empêcher les salariés non-grévistes de travailler, ni l’exécution d’un service public essentiel.
En effet, le tribunal a constaté que le blocage total du dépôt empêchait toute circulation des bus, portait atteinte à la liberté du travail, et désorganisait gravement l’entreprise, avec des conséquences directes sur la scolarité de milliers d’enfants à Mayotte.
Cette décision, rendue en premier ressort et exécutoire, vise à mettre fin à une situation d’entrave, indépendamment de toute appréciation sur le fond du conflit social.
Après plusieurs semaines de perturbations majeures, et malgré de nombreuses tentatives de dialogue menées en interne, ainsi que des démarches de médiation récemment engagées avec l’appui de la DEETS et du Conseil départemental de Mayotte, la situation de blocage du dépôt de Longoni n’a pu être résolue.
Ces interventions, conduites dans un esprit d’apaisement et de responsabilité, n’ont malheureusement pas permis de mettre fin à l’entrave matérielle constatée par le juge.
Dans ce contexte, MATIS n’a d’autre choix que de faire exécuter une décision de justice, afin de :
– Permettre la reprise effective du transport scolaire et des services publics de mobilité,
– Garantir la sécurité des personnes et des installations,
– Respecter ses obligations contractuelles vis-à-vis des autorités organisatrices,
– Assurer la liberté de travail des salariés non-grévistes.
Dans un communiqué, la Direction de MATIS assure demeurer « disponible pour tout échange permettant de rétablir durablement un fonctionnement normal du service, dans le respect des droits de chacun et des décisions de justice ».


