L’opération de résorption de l’habitat indigne, insalubre et illégal (RHI), menée aux abords de la rivière Gouloué à Passamainty, a débuté ce samedi 7 février au matin et devrait durer plusieurs jours.
Pour permettre l’accès au quartier situé de l’autre côté de la rivière, une rampe provisoire a été aménagée afin de faciliter le passage des engins. Ceux-ci procèdent à la destruction de 75 cases en tôle ainsi que de deux constructions en dur, dans le cadre de la loi Élan.
Selon les enquêtes sociales menées par l’ACFAV, 131 personnes — soit 21 ménages — vivent le long de la rivière. Une partie d’entre elles ne sera pas relogée, faute de solutions disponibles. La DEETS indique disposer de 83 places d’hébergement, tout en soulignant qu’il est « matériellement impossible de notifier un relogement à l’ensemble des ménages », notamment en raison du cyclone Chido, qui a détruit « 68 % des logements collectifs et 36 % des logements résidentiels en dur ».
Depuis l’entrée en vigueur de la loi pour la refondation de Mayotte, le 11 août 2025, l’article 18 autorise la préfecture à procéder à des évacuations sans garantir de solution aux personnes expulsées, les laissant ainsi sans abri. Cette situation rappelle celle du camp de Tsoundzou, où plusieurs familles avaient reconstruit des habitations précaires un peu plus loin après l’évacuation.
La préfecture n’a pas accordé d’interview, invoquant la période de réserve électorale, et s’est limitée à un briefing préalable. Une réserve qui relève davantage d’un choix de communication que d’une interdiction juridique formelle faite à l’administration de s’exprimer.


