Écoliers, collégiens et lycéens ont retrouvé le chemin des salles de classe ce lundi 12 janvier. Après un premier trimestre marqué par le constat d’une reconstruction lente des établissements scolaires, en raison des retards dans le versement des aides de l’État aux communes à la suite du passage du cyclone Chido, ce deuxième semestre s’ouvre sous le signe du renforcement de l’accompagnement scolaire.
C’est en tout cas la volonté de la rectrice de Mayotte, Valérie Debuchy, qui s’est rendue, ce lundi matin, à l’école maternelle Abdallah Sélémani T6A de Kawéni et au collège de Kwalé à Tsoundzou, pour observer le bon déroulement des dispositifs d’accompagnements déjà mis en place, mais surtout annoncer la mise en œuvre du renforcement des moyens pédagogiques en maternelle et au collège.
4 collèges concernés par un nouveau plan national

Au collège, cette visite a permis de présenter la déclinaison académique du plan national de lutte contre la grande difficulté scolaire, inauguré pour cette rentrée 2026. À Mayotte, ce dispositif concerne quatre collèges — à Tsoundzou, Ouangani, Dembéni et Dzoumogné — parmi les 776 établissements ciblés à l’échelle nationale. Il s’agit d’un plan d’accompagnement renforcé, destiné aux établissements où les niveaux scolaires sont les plus faibles, combinant des actions pédagogiques, sociales et organisationnelles pour soutenir les élèves en grande difficulté.
« En croisant plusieurs indicateurs, le climat scolaire, les difficultés scolaires, les difficultés sociales,… on a retenu que ce sont ces 4 collèges qui doivent faire l’objet d’un accompagnement plus important et de façon prioritaire », explique Valérie Debuchy. « Ils vont bénéficier d’un accompagnement à 360°, pas seulement sur les fondamentaux, mais aussi sur le climat scolaire, peux être sur des fonds sociaux, sur les moyens et l’accompagnement médico-social ».
Pour mettre en place de façon effective ce dispositif, les chefs d’établissements doivent désormais opérer un diagnostic précis de leur collège dès ce mois de janvier et jusqu’au mois de juin pour savoir comment les élèves seront soutenus. « Toutes les disciplines doivent participer à cet effort, pas seulement le français et les mathématiques. Il s’agit aussi de prendre en compte le climat scolaire, l’accompagnement médico-social et les moyens d’assistants d’éducation. Dans chacun de ces établissements, un coordonnateur pédagogique sera désigné, un professeur volontaire qui travaillera aux côtés du chef d’établissement et servira de référent pédagogique ».

« L’objectif est d’améliorer durablement les résultats des élèves. Ce n’est pas un objectif qui se réalise dès la rentrée, mais sur l’ensemble du cycle du collège. Dans quatre ans, je veux que la promotion de 2030 ait progressé de manière tangible et qu’elle ait gagné en compétences et en réussite scolaire », insiste la rectrice.
Premiers retours positifs de la « nouvelle sixième »
Les visites ont également permis de faire le point sur l’avancement des dispositifs mis en place à Mayotte à la rentrée 2024‑2025, à savoir les classes Anglais et Culture de l’Océan Indien (ACOI) ainsi que les groupes à 13 et groupes à 22, instaurés dans le cadre de la réforme de la « nouvelle sixième » et de l’organisation en groupes de besoins, afin de proposer un enseignement adapté au niveau réel de chaque élève.

« Le 3 décembre dernier, j’ai réuni l’ensemble des principaux de collèges pour faire un véritable suivi de cohorte. Nous avons comparé les résultats des élèves de 5ème de cette année avec leurs performances en 6ème au premier trimestre, et les résultats sont encourageants. On constate que les groupes à 13 ont fortement progressé en lecture, les groupes à 22 ont également progressé, même si le gain est moins marqué. Quant aux classes ACOI, elles montrent que lorsqu’on permet aux élèves les plus performants de travailler ensemble, les résultats sont très positifs », relève Valérie Debuchy.
« Ce qui m’intéresse c’est que les élèves travaillent au regard des compétences à travailler, de leurs besoins, de leurs difficultés précises. Que ce soit dans les domaines principaux, français, mathématiques, mais aussi dans les domaines de la compréhension. En plus de savoir le français, le but est de comprendre le texte », ajoute-t-elle, en précisant que ces groupes de niveaux ne figent pas les élèves dans une « étiquette d’élève en difficulté » , ils peuvent rejoindre leur classe habituelle dès que leurs progrès le permettent.
Reconstructions et rénovations des écoles suspendues aux municipales

En fin de visite, la rectrice a tout de même fait un point sur la rentrée scolaire au niveau des travaux qui restent à faire dans certains établissements et de l’amélioration des conditions d’accueil. Si elle assure que pour le second degré, « les jauges sont à 100% » et que les travaux à faire concernent désormais les espaces communs, salles polyvalentes, CDI, salles des professeurs, plateaux d’EPS, et non plus les salles de classe où la priorité a été de mise, elle indique, de façon indirecte que pour le premier degré, il faut attendre les élections municipales pour y voir plus clair.
« Trois communes ont signé des conventions avec l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte pour être aidées, accompagnées, dans les travaux à réaliser. Cela fait partie pour l’Académie d’un des leviers que je vais fortement activer afin d’avancer dans les travaux », précise-t-elle. « Dès que les municipales seront passées, nous auront une réunion très large pour pouvoir vite avancer et reposer les mises en perspectives des reconstructions scolaires ».
Victor Diwisch



