Le président Azali Assoumani a ouvert ce mercredi 27 août à Moroni la troisième édition du Salon de l’entreprise dénommé Business In Komor (BIK) en présence de patrons d’entreprises, de jeunes et de représentants d’organisations internationales comme ceux de l’Union européenne et de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI).
Améliorer le climat des affaires
Devant les membres de son gouvernement et des responsables du secteur privé, le président comorien reconnait « des efforts » déployés mais se montre insatisfait du niveau d’appropriation des politiques de promotion de l’investissement, de soutien à la création d’entreprises et d’amélioration du climat des affaires dans l’archipel. « L’investissement est possible aux Comores. Nous avons le talent, les ressources et une jeunesse dynamique », a-t-il souligné. Azali Assoumani plaide pour une vraie culture entrepreneuriale. Il demande à son gouvernement de prendre des mesures pour inciter les jeunes à croire en leurs capacités d’entreprendre « en leur donnant les moyens d’innover » pour pouvoir « bâtir un État moderne, un pays émergent, une nation prospère et solidaire ».

Entre 2020 et 2025, 3488 entreprises ont été immatriculées aux Comores par l’Agence nationale de promotion des investissements (Anpi), d’après sa directrice générale, Nadjati Soidiki, dans une interview accordée au journal comorien Al-watwan, soulignant « le signe d’un dynamisme entrepreneurial croissant, malgré les contraintes structurelles ». Elle annonce « un portefeuille de 148 entreprises agréées qui bénéficient d’un suivi conformément au Code des Investissements. Ces entreprises se sont engagées à créer 6424 emplois pendant la durée de leur accompagnement ».
Le chef de l’Etat comorien appelle à encore davantage « simplifier les procédures, ouvrir l’accès aux financements et aux crédits, moderniser notre fiscalité et soutenir surtout l’innovation ». Pour lui, les actions devraient permettre d’inciter encore davantage les investissements et montrer que les Comores sont « une terre d’opportunités où ceux qui osent et qui croient à ce pays peuvent réussir ». Azali Assoumani souhaite que les innovations puissent avoir « un impact sur la vie quotidienne de la population » mais aussi « contribuer à la stratégie nationale de création d’emplois ».
Le ministre de l’Economie, Moustoifa Hassane Mohamed, a souligné « les avancées » en matière de réformes, citant notamment « la révision du Code des investissements, la création des guichets uniques, les mesures de simplification prises pour faciliter le processus de création d’une entreprise ». De nombreux groupes publics et privés comme Comores Télécoms, Yas, Exim Bank, Moroni Terminal, la société française Innovent participent à cette troisième édition du salon de l’entreprise.
Au Palais du peuple, de nombreuses entreprises ont déployé des stands qui permettent aux visiteurs de découvrir des innovations dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, de la pêche, du Numérique, de la technologie en général et des services. Le lieu est transformé en foire géante. Les organisateurs attendent plus de 6.000 visiteurs. Des start-up de tout genre décorent le palais du peuple et constituent le reflet des évolutions et des innovations enregistrées ces dernières années dans l’archipel.
La politique nationale d’auto-emploi
Aux Comores, l’État demeure le plus gros employeur avec « plus de 70% », des actifs, selon des données récentes publiées par l’Institut national des statistiques et des études économiques et démographiques (INSEED). Le secteur privé emploie environ « 40.000 personnes » en 2025 contre environ « 22.000 » en 2010, soit une hausse de 50% de l’emploi privé, notée plus principalement dans le secteur des services. Mais, selon toujours les mêmes études, les emplois, « plus de 45% » demeurent toujours fragiles alors que « 63% restent précaires » avec des salaires qui ne répondent pas en grande partie des besoins vitaux des employés.
Le salon des entreprises, expérimenté depuis 2023, se veut justement « une plateforme de dialogue » entre les acteurs pour non seulement lever les obstacles à l’investissement privé et public. Mais surtout accompagner les jeunes à innover pour pouvoir leur proposer des modes de financements et d’appui à la création d’entreprises et donc au soutien à la politique nationale d’auto-emploi. Les Comores, en dépit, d’une volonté politique de promotion et de diversification des activités économiques perdent des points dans le classement Doing Business, soit 157eme sur 184 pays. Le climat des affaires est peu attractif à cause de nombreuses raisons dont la fragilité du système judiciaire.
A.S.Kemba